Retraite

Le 3e pilier A, ce qu'il rapporte vraiment

On vous le vend comme une évidence fiscale. C'en est une — mais le gain dépend d'un seul chiffre : votre taux marginal.

Chaque automne, la même scène se rejoue au guichet : versez le maximum au 3e pilier A, vous économiserez des impôts. C'est vrai. Ce qui l'est moins, c'est que l'économie annoncée soit la même pour tout le monde.

Le seul chiffre qui compte

Votre versement se déduit du revenu imposable. L'économie n'est donc pas un pourcentage du versement : c'est votre taux marginal — le taux qui frappe le dernier franc gagné — appliqué au montant versé.

Exemple · deux contribuables, un même versement

Versement identique de CHF 7'258. Avec un taux marginal de 22 %, l'économie est de CHF 1'597. Avec un taux marginal de 38 %, elle monte à CHF 2'758. Le même geste, à CHF 1'161 d'écart.

Ce que le guichet ne dit pas

L'argent versé est bloqué jusqu'à cinq ans avant l'âge de référence, sauf motifs de retrait anticipé (achat du logement principal, départ définitif de Suisse, mise à son compte, invalidité). Et à la sortie, le capital n'est pas exonéré : il est imposé séparément, à un taux réduit.

La règle · échelonner les retraits

L'impôt de sortie étant progressif, retirer tout le capital la même année coûte plus cher que d'étaler les retraits. D'où l'intérêt de plusieurs comptes 3a ouverts tôt, fermés à des années différentes.

Le réflexe

Avant de verser, calculez votre taux marginal. En dessous de 15 %, l'avantage fiscal ne compense pas toujours le blocage du capital — surtout si votre épargne de précaution n'est pas constituée.

À retenir

Trois mois de charges disponibles d'abord. Le 3e pilier ensuite. Un capital bloqué ne paie pas une facture de dentiste.