Prévoyance
L'AVS, premier pilier : de 40 francs en 1948 à la 13e rente
L'AVS, obligatoire pour toute la population, est née d'une grève, de deux votations et d'une caisse de guerre. Comment elle a été construite, comment elle calcule votre rente, ce que le 1er pilier fait pour vous avant la retraite (invalidité, décès, prestations complémentaires), et pourquoi son financement occupe la politique suisse depuis trente ans.
En décembre 2025, l'AVS versait 2'635'200 rentes de vieillesse, dont 817'000 à l'étranger. Elle a dépensé 53,3 milliards de francs en une année. En Suisse, 97 personnes sur 100 qui ont atteint l'âge de la retraite touchent une rente AVS, et la rente moyenne d'une personne qui vit en Suisse est de 1'969 francs par mois. Presque personne n'y échappe, ni comme cotisant ni comme rentier.
Elle est aussi la plus disputée des assurances sociales : depuis 1997, presque chaque réforme a fini devant le peuple, et plusieurs ont échoué. Pour comprendre ces débats, et ce que vous toucherez un jour, il faut savoir d'où elle vient et comment elle compte.
L'AVS ne s'occupe pas que de la vieillesse. Avec l'assurance-invalidité et les prestations complémentaires, elle forme le 1er pilier, celui qui vous protège aussi, dès votre premier salaire, si une maladie, un accident ou un décès frappe bien avant la retraite. Cet article suit l'ordre de l'histoire : d'abord la naissance de l'AVS, puis son fonctionnement, ensuite les situations où elle compte le plus (l'invalidité, un décès, la vie en couple sans mariage, les études, un départ à l'étranger), enfin ce que vous pouvez faire dès 20 ans.
Avant l'AVS : vieillir pauvre
Au début du XXe siècle, vieillir, c'est souvent devenir pauvre. Qui ne peut plus travailler dépend de sa famille, de l'assistance publique de sa commune d'origine ou de la charité. Les caisses de pension n'existent que dans quelques grandes entreprises et administrations. Quelques cantons tentent leur propre assurance : Neuchâtel (1898) et Vaud (1907) en créent une facultative ; Glaris (1916), Appenzell Rhodes-Extérieures (1925) et Bâle-Ville (1932) la rendent obligatoire.
En novembre 1918, la grève générale met la question au premier plan : parmi les neuf revendications du comité d'Olten figure une assurance vieillesse et invalidité. La grève est brisée en trois jours, mais la revendication reste.
1925 et 1931 : un oui, puis un non
Le 6 décembre 1925, le peuple accepte un article constitutionnel qui charge la Confédération de créer une assurance vieillesse et survivants, et l'autorise à créer plus tard une assurance invalidité : 65,4 % de oui, avec 63 % de participation. L'article règle très peu le financement : il réserve à l'assurance l'impôt sur le tabac et la part fédérale de celui sur l'eau-de-vie, et limite l'apport de la Confédération et des cantons à la moitié des besoins. Tout le reste, à commencer par les cotisations, est laissé à la loi.
La loi qui suit, la « lex Schulthess », du nom du conseiller fédéral Edmund Schulthess, prévoit une cotisation obligatoire et une rente unique de 200 francs par année à partir de 66 ans. Les grands partis la soutiennent ; le Parti socialiste la trouve maigre. Ses adversaires, des libéraux conservateurs romands, des représentants paysans et des catholiques conservateurs, la jugent trop centralisatrice, trop étatiste, et ses cotisations trop lourdes. Le 6 décembre 1931, elle est rejetée par 60,3 % de non : le début de la crise économique mondiale a fait pencher la balance. L'AVS attendra dix-sept ans.
La guerre invente le financement
C'est la Seconde Guerre mondiale qui donne la solution. Le 20 décembre 1939, le Conseil fédéral crée par ses pleins pouvoirs une allocation pour perte de salaire en faveur des soldats mobilisés, étendue en 1940 aux indépendants : c'est l'ancêtre des APG d'aujourd'hui, les allocations pour perte de gain, qui remplacent une partie du revenu pendant le service militaire ou un congé de maternité. Elle est financée par une retenue sur tous les salaires, payée par les travailleurs et les employeurs, avec l'appui de la Confédération et des cantons. Elle est gérée par des caisses de compensation : des caisses publiques ou professionnelles qui encaissent les cotisations et versent les prestations.
Le mécanisme fonctionne si bien que ses excédents s'accumulent : jusqu'en 1947, le régime verse 1640 millions d'allocations, et son fonds central accumule 1165 millions d'excédents, dont la majeure partie sera cédée à l'AVS comme capital de départ. Le prélèvement sur les salaires et les caisses de compensation, c'est encore exactement ainsi que fonctionne l'AVS aujourd'hui.
1947 : quatre votants sur cinq
Dans son allocution de Nouvel An 1944, le conseiller fédéral radical Walther Stampfli, chef du Département de l'économie publique, annonce une prévoyance vieillesse publique rapide. Une commission d'experts rend son rapport en mars 1945. Le Conseil fédéral présente son message, le texte qui accompagne un projet de loi devant le Parlement, le 24 mai 1946 ; le Parlement adopte la loi le 20 décembre 1946. Des milieux libéraux et patronaux lancent le référendum.
Le vote · 6 juillet 1947
La loi fédérale sur l'assurance-vieillesse et survivants est acceptée par 862'036 oui contre 215'496 non, soit 80,0 %, avec une participation de 79,7 %. Pour le Dictionnaire historique de la Suisse, ce fut le plus grand succès de la carrière politique de Walther Stampfli.
L'AVS entre en vigueur le 1er janvier 1948. La première année, elle ne verse que des rentes transitoires, sous condition de ressources, à la génération déjà âgée qui n'a jamais cotisé. Les rentes ordinaires, calculées sur les cotisations, vont de 40 à 125 francs par mois pour une personne seule, alors que le revenu moyen dans l'industrie est d'environ 745 francs par mois. Mais il faut avoir cotisé une année entière pour y avoir droit : en 1948, personne ne le peut encore. En décembre 1948, l'AVS paie 217'325 rentes de vieillesse, d'environ 43 francs en moyenne, et compte 2'108'000 cotisants. Ce n'est pas de quoi vivre : c'est une aide.
Dix révisions pour une rente qui fait vivre
Pendant cinquante ans, l'AVS grandit par révisions successives. Les années ci-dessous sont celles de l'entrée en vigueur.
| Révision | En vigueur | Ce qu'elle change |
|---|---|---|
| 1re | 1951 | Rentes transitoires plus accessibles ; rien sur les rentes ordinaires |
| 2e | 1954 | Rentes relevées (60 à 142 francs par mois) ; meilleures rentes de survivants |
| 3e | 1956 | Fin des limites de revenu pour les rentes transitoires |
| 4e | 1957 | Rentes relevées ; âge de la retraite des femmes abaissé de 65 à 63 ans |
| Adaptation | 1960 | Rentes partielles ; coordination avec l'assurance-invalidité, créée la même année |
| 5e | 1961 | Rentes relevées (90 à 200 francs) |
| 6e | 1964 | Rentes relevées ; âge des femmes abaissé à 62 ans ; rentes pour enfant |
| 7e | 1969 | La rente maximale devient le double de la minimale ; ajournement possible ; cotisation de 5,2 % |
| 8e | 1973 et 1975 | Rentes plus que doublées en trois ans pour viser le minimum vital ; cotisation de 7,8 % puis 8,4 % |
| 9e | 1979 et 1980 | Indexation à l'indice mixte (salaires et prix) ; les retraités qui travaillent cotisent à nouveau |
| 10e | 1993 et 1997 | Formule à deux branches (une rente qui change de pente à un certain revenu, voir plus bas) ; rentes individuelles et splitting ; bonifications éducatives ; âge des femmes porté à 64 ans en deux étapes |
Trois révisions ont changé la nature de l'AVS.
La 8e : la rente qui doit faire vivre
En 1972, pour battre l'initiative de la gauche pour une « retraite populaire », le Parlement promet un doublement des rentes. La 8e révision le tient : la rente minimale passe de 220 francs en 1972 à 400 en 1973 et 500 en 1975 ; la maximale de 440 à 1000 francs. Les prestations complémentaires, créées en 1966 pour les rentiers sous le minimum vital, complètent ce qui manque. C'est depuis ce moment que l'AVS vise les « besoins vitaux » et non plus une simple aide.
La 9e : l'indice mixte
Depuis 1980, les rentes suivent l'indice mixte : la moyenne entre l'évolution des salaires et celle des prix. Le Conseil fédéral les adapte en règle générale tous les deux ans, plus tôt si les prix montent de plus de 4 % en une année. Quand les salaires montent plus vite que les prix, ce qui est le cas sur la durée, les rentes couvrent l'inflation et la moitié de cet écart : un retraité décroche peu à peu du niveau de vie des actifs. Mais les années où les salaires montent moins vite que les prix, la rente ne rattrape même pas toute l'inflation.
La 10e : chacun sa rente
Jusqu'en 1996, un couple marié touchait une « rente de couple », calculée sur le revenu du mari, auquel s'ajoutaient les revenus sur lesquels l'épouse avait cotisé. Depuis 1997, chaque nouvelle rente est individuelle ; les anciennes rentes de couple ont été converties au 1er janvier 2001. Les revenus des années de mariage sont partagés par moitié entre les époux (le splitting). Et les années où l'on élève un enfant de moins de 16 ans, ou où l'on prend soin d'un proche qui vit près de chez soi et touche une allocation pour impotent (versée à qui a besoin de l'aide d'autrui pour les gestes de la vie quotidienne), donnent droit à des bonifications : un revenu fictif ajouté aux revenus pour calculer la rente, même si l'on travaille. Pour un proche, il faut les demander par écrit chaque année. La 10e révision relève aussi l'âge de la retraite des femmes de 62 à 63 ans en 2001, puis 64 en 2005, et introduit l'anticipation.
Trente ans de réformes, peu de succès
Depuis la 10e révision, chaque tentative de réforme a buté sur la même équation : pour financer des retraites plus longues, il faut plus d'argent (TVA, cotisations), moins de prestations, ou un âge plus élevé. Chaque camp refuse l'un des trois.
| Date | Objet | Oui | Résultat |
|---|---|---|---|
| 26.02.1978 | 9e révision | 65,6 % | acceptée |
| 25.06.1995 | 10e révision | 60,7 % | acceptée |
| 16.05.2004 | 11e révision (âge des femmes à 65 ans, rentes de veuve) | 32,1 % | rejetée |
| 16.05.2004 | Hausse de la TVA pour l'AVS et l'AI | 31,4 % | rejetée |
| 24.09.2017 | Prévoyance vieillesse 2020 : TVA pour l'AVS | 49,95 % | rejetée (2'361 voix d'écart) |
| 24.09.2017 | Prévoyance vieillesse 2020 : la loi | 47,3 % | rejetée |
| 19.05.2019 | RFFA : réforme fiscale et financement de l'AVS | 66,4 % | acceptée |
| 25.09.2022 | AVS 21 : TVA pour l'AVS | 55,1 % | acceptée |
| 25.09.2022 | AVS 21 : la loi (âge de la retraite des femmes porté à 65 ans) | 50,55 % | acceptée |
| 03.03.2024 | Initiative pour une 13e rente AVS | 58,25 % | acceptée |
| 03.03.2024 | Initiative sur les rentes (âge lié à l'espérance de vie) | 25,25 % | rejetée |
En 2010, la 11e révision remaniée meurt au Parlement même : le Conseil national la rejette en vote final par 118 voix contre 72. Prévoyance vieillesse 2020, qui liait AVS et LPP, échoue en 2017 de très peu sur la TVA. La sortie de l'impasse passe alors par un détour : la RFFA de 2019 lie une réforme de l'imposition des entreprises à environ 2 milliards de francs par an pour l'AVS (cotisations relevées de 8,4 à 8,7 %, contribution fédérale portée à 20,2 % des dépenses, et tout le « point démographique » de TVA à l'AVS, alors qu'une part en allait jusque-là à la Confédération). Ce point de TVA, la Constitution permet de le prélever pour faire face au vieillissement de la population.
AVS 21, en vigueur depuis le 1er janvier 2024, donne un nouveau nom à l'âge de la retraite : l'âge de référence, celui où la rente commence sans réduction ni supplément. Pour les femmes, elle le relève pas à pas de 64 à 65 ans, l'âge des hommes, de trois mois par an depuis 2025 : il atteint 65 ans pour les femmes nées en 1964 ou après. AVS 21 relève aussi la TVA de 0,4 point (le taux normal passe à 8,1 %) et rend la retraite flexible entre 63 et 70 ans. La loi passe à 50,55 % : le sujet coupe le pays en deux.
Le 3 mars 2024, pour la première fois, le peuple et les cantons acceptent une initiative de la gauche qui étend une assurance sociale : la 13e rente AVS, avec 58,25 % de oui. Le même jour, l'initiative des Jeunes libéraux-radicaux, qui voulait relever l'âge de la retraite à 66 ans puis le lier à l'espérance de vie, recueille 25,25 %.
Les rentes de 1948 à aujourd'hui
Les rentes complètes d'une personne seule (celles d'une carrière sans année manquante), en francs par mois, à chaque changement :
| Dès | Rente minimale | Rente maximale | Ce qui change |
|---|---|---|---|
| 1948 | CHF 40 | CHF 125 | Loi d'origine |
| 1954 | CHF 60 | CHF 142 | 2e révision |
| 1957 | CHF 75 | CHF 155 | 4e révision |
| 1961 | CHF 90 | CHF 200 | 5e révision (1er juillet) |
| 1964 | CHF 125 | CHF 267 | 6e révision |
| 1967 | CHF 138 | CHF 294 | Renchérissement (+10 %) |
| 1969 | CHF 200 | CHF 400 | 7e révision : la maximale devient le double de la minimale |
| 1971 | CHF 220 | CHF 440 | Renchérissement (+10 %) |
| 1973 | CHF 400 | CHF 800 | 8e révision, 1re étape |
| 1975 | CHF 500 | CHF 1'000 | 8e révision, 2e étape |
| 1977 | CHF 525 | CHF 1'050 | Renchérissement |
| 1980 | CHF 550 | CHF 1'100 | 9e révision : première adaptation à l'indice mixte |
| 1982 | CHF 620 | CHF 1'240 | Indice mixte |
| 1984 | CHF 690 | CHF 1'380 | Indice mixte |
| 1986 | CHF 720 | CHF 1'440 | Indice mixte |
| 1988 | CHF 750 | CHF 1'500 | Indice mixte |
| 1990 | CHF 800 | CHF 1'600 | Indice mixte |
| 1992 | CHF 900 | CHF 1'800 | Indice mixte |
| 1993 | CHF 940 | CHF 1'880 | 10e révision, 1re étape : la formule à deux branches |
| 1995 | CHF 970 | CHF 1'940 | Indice mixte |
| 1997 | CHF 995 | CHF 1'990 | 10e révision : rentes individuelles, splitting |
| 1999 | CHF 1'005 | CHF 2'010 | Indice mixte |
| 2001 | CHF 1'030 | CHF 2'060 | Indice mixte |
| 2003 | CHF 1'055 | CHF 2'110 | Indice mixte |
| 2005 | CHF 1'075 | CHF 2'150 | Indice mixte |
| 2007 | CHF 1'105 | CHF 2'210 | Indice mixte |
| 2009 | CHF 1'140 | CHF 2'280 | Indice mixte |
| 2011 | CHF 1'160 | CHF 2'320 | Indice mixte |
| 2013 | CHF 1'170 | CHF 2'340 | Indice mixte |
| 2015 | CHF 1'175 | CHF 2'350 | Indice mixte |
| 2019 | CHF 1'185 | CHF 2'370 | Indice mixte (pas d'adaptation en 2017) |
| 2021 | CHF 1'195 | CHF 2'390 | Indice mixte |
| 2023 | CHF 1'225 | CHF 2'450 | Indice mixte (+2,5 %) |
| 2025 | CHF 1'260 | CHF 2'520 | Indice mixte (+2,9 %) |
En francs de l'époque, la rente maximale a été multipliée par vingt depuis 1948. Des « 13es rentes » ont déjà existé, ponctuellement : une rente mensuelle versée à double en septembre 1972, puis en septembre 1974, pour compenser le renchérissement. En 1991 s'y est ajoutée une allocation unique de 6,25 % de la rente annuelle, soit trois quarts d'une rente mensuelle.
Qui paie, et combien
L'AVS fonctionne par répartition : les cotisations encaissées ce mois-ci paient les rentes versées ce mois-ci. Elle est financée à plus de 70 % par les cotisations des actifs. Elle n'a pas de plafond : on cotise sur la totalité de son revenu, même un salaire d'un million. La rente, elle, est plafonnée. C'est le cœur de la solidarité de l'AVS : les hauts revenus paient bien plus que ce qu'ils recevront.
La règle · les cotisations en 2026
- Salariés : 8,7 % pour l'AVS, 1,4 % pour l'AI et 0,5 % pour les APG, soit 10,6 % du salaire brut, dont la moitié est payée par l'employeur. L'obligation commence le 1er janvier qui suit les 17 ans.
- Indépendants : 10 % du revenu (8,1 % pour l'AVS) dès 60'500 francs par an ; un taux plus bas, dégressif, de 10'100 à 60'500 francs ; en dessous, la cotisation minimale de 530 francs.
- Sans activité lucrative (étudiants, rentiers anticipés, conjoints au foyer) : une cotisation qui dépend de la fortune et des rentes, de 530 à 26'500 francs par an, dès le 1er janvier qui suit les 20 ans. Le conjoint qui ne travaille pas est dispensé si l'autre paie au moins le double de la cotisation minimale, 1'060 francs par an, part de l'employeur comprise. Les étudiants ont leurs propres règles, détaillées plus bas.
- Après l'âge de référence, qui travaille cotise encore. Une franchise s'applique : le revenu ne cotise qu'au-delà d'un montant fixé par le Conseil fédéral. Depuis 2024, on peut y renoncer, et ces cotisations peuvent améliorer la rente.
En 2025, l'AVS a encaissé 55,2 milliards de francs : 39,3 milliards de cotisations (71 %), 10,8 milliards de la Confédération (20,2 % des dépenses, financés d'abord par les impôts sur le tabac et l'alcool), 4,7 milliards de TVA, le reste en recettes diverses. Elle a dépensé 53,3 milliards, dont 49,3 milliards de rentes de vieillesse. Son fonds de compensation, placé par compenswiss, l'établissement public qui gère aussi les réserves de l'AI et des APG, valait 60,4 milliards en fin d'année, soit 113 % d'une année de dépenses ; la loi prévoit qu'il ne descende pas, en règle générale, sous 100 %.
Ce fonds n'est pas une épargne à votre nom. C'est une réserve commune, un coussin qui paie les rentes les années où les cotisations et les impôts ne suffisent pas. Il couvre à peine plus d'une année de dépenses, alors qu'une caisse de pension garde l'épargne de chacun de ses assurés. Et 10,3 de ses 60,4 milliards ne sont pas de l'argent placé : c'est une créance sur l'assurance-invalidité, qui doit cette somme à l'AVS (son histoire est racontée plus bas, avec l'AI).
Les taux de cotisation, depuis 1948 :
| Dès | AVS | AI | APG | Total |
|---|---|---|---|---|
| 1948 | 4 % | — | — | 4 % |
| 1960 | 4 % | 0,4 % | 0,4 % | 4,8 % |
| 1968 | 4 % | 0,5 % | 0,4 % | 4,9 % |
| 1969 | 5,2 % | 0,6 % | 0,4 % | 6,2 % |
| 1973 | 7,8 % | 0,8 % | 0,4 % | 9 % |
| 1975 | 8,4 % | 1 % | 0,6 % | 10 % |
| 1988 | 8,4 % | 1,2 % | 0,5 % | 10,1 % |
| 1995 | 8,4 % | 1,4 % | 0,3 % | 10,1 % |
| 2011 | 8,4 % | 1,4 % | 0,5 % | 10,3 % |
| 2016 | 8,4 % | 1,4 % | 0,45 % | 10,25 % |
| 2020 | 8,7 % | 1,4 % | 0,45 % | 10,55 % |
| 2021 | 8,7 % | 1,4 % | 0,5 % | 10,6 % |
Comment se calcule votre rente
Trois choses déterminent votre rente : le nombre d'années cotisées, votre revenu moyen, et votre situation de famille. Aucune ne dépend de la Bourse.
Les années : il en faut 44
Une carrière complète va du 1er janvier qui suit vos 20 ans au 31 décembre qui précède l'âge de référence : 44 années. Avec toutes ces années, vous touchez une rente complète (l'« échelle 44 »). Il suffit d'une seule année cotisée pour avoir droit à une rente, mais chaque année manquante la réduit d'au moins 1/44, soit environ 2,3 %, à vie : on touche alors une rente partielle. Les années cotisées entre 18 et 20 ans, les « années de jeunesse », peuvent combler des lacunes plus tardives.
Le revenu : la formule à deux branches
Votre revenu annuel moyen déterminant (RAMD) additionne les revenus inscrits à votre compte individuel (le relevé que votre caisse de compensation tient à votre nom, où s'inscrit chaque année le revenu sur lequel vous avez cotisé) et les bonifications, puis les divise par vos années de cotisation. La somme des revenus est d'abord revalorisée, c'est-à-dire relevée selon l'évolution moyenne des salaires et des prix, parce que les salaires d'il y a quarante ans étaient plus bas. Le facteur est forfaitaire : il dépend de l'année de votre première inscription au compte. Pour une rente qui commence en 2026, il ne joue que si cette première inscription date d'avant 1986 : pour toutes les autres, il vaut 1, et les salaires comptent tels qu'ils ont été inscrits. La table de ces facteurs change chaque année.
La rente se lit ensuite sur une formule inscrite à l'article 34 de la loi. Elle part d'un plancher, la rente minimale, monte selon deux pentes, d'abord forte puis plus douce (ce sont les deux « branches » qui lui donnent son nom), et s'arrête à un plafond, la rente maximale :
- jusqu'à 15'120 francs de RAMD, la rente minimale : 1'260 francs par mois ;
- de 15'120 à 45'360 francs, chaque tranche de 1'000 francs de revenu moyen en plus ajoute 21.67 francs à la rente mensuelle (la loi dit : 13/600 de franc par franc) ;
- de 45'360 à 90'720 francs, seulement 13.33 francs par tranche de 1'000 francs (8/600) : c'est la « cassure » de la formule ;
- au-delà de 90'720 francs, la rente maximale : 2'520 francs, quel que soit le revenu.
La pente est plus forte pour les revenus modestes : c'est voulu. La rente maximale vaut exactement le double de la minimale. C'est la loi qui le fixe (art. 34 LAVS) ; la Constitution, elle, interdit seulement qu'elle dépasse ce double.
Exemple · une carrière à 60'000 francs par an, montants 2026
Un RAMD de 60'000 francs se calcule en trois morceaux : le plancher, puis les deux pentes. La rente minimale : 1'260 francs. Plus 21.67 francs par millier sur les 30'240 francs compris entre 15'120 et 45'360 : 655 francs. Plus 13.33 francs par millier sur les 14'640 francs au-dessus de 45'360 : 195 francs. Total, arrondi au franc : 2'110 francs par mois, et 27'430 francs par an avec la 13e rente. L'article 34 de la loi écrit la même chose en une ligne (104 % de la rente minimale plus 8/600 du revenu) et donne le même résultat.
Avec quatre années manquantes, 40 sur 44, la rente tombe à 1'919 francs : 191 francs de moins chaque mois, pour toute la retraite.
La famille : bonifications, splitting, plafond
- Les bonifications pour tâches éducatives : pour chaque année où vous avez l'autorité parentale sur un enfant de moins de 16 ans, l'AVS ajoute à votre revenu, au moment du calcul, un montant égal à trois rentes minimales annuelles, 45'360 francs en 2026, que vous travailliez ou non. Plusieurs enfants la même année ne donnent qu'une bonification. Les époux se la partagent par moitié ; pour les parents non mariés, voir plus bas. Pour un parent seul qui a gagné 30'000 francs en moyenne, seize années de bonifications font passer la rente de 1'582 à 1'930 francs par mois.
- Les bonifications pour tâches d'assistance : le même montant pour qui s'occupe d'un proche au bénéfice d'une allocation pour impotent (un parent ou un grand-parent, un enfant ou un petit-enfant, un frère ou une sœur, le conjoint, un beau-parent, un enfant du conjoint, ou le partenaire avec qui l'on vit depuis au moins cinq ans) et habite près de lui, à 30 kilomètres ou une heure de trajet au plus. Elles ne se cumulent pas avec les bonifications éducatives, et elles ne sont pas automatiques : il faut les demander par écrit chaque année, pour l'année écoulée, à la caisse cantonale de compensation du canton où vit la personne aidée. Passé cinq ans, le droit est perdu.
- Le splitting : les revenus des années de mariage sont additionnés et partagés par moitié entre les époux, lorsque les deux ont droit à une rente, au divorce, ou quand la personne veuve atteint à son tour l'âge de référence ou a droit à une rente AI. Ce que le divorce fait aux trois piliers est expliqué dans la partie sur le deuxième pilier.
- Le plafonnement : les deux rentes d'un couple marié ne peuvent dépasser 150 % de la rente maximale, 3'780 francs par mois en 2026. Deux carrières à 60'000 francs donnent chacune 2'110 francs ; mariés, ils touchent 1'890 francs chacun. En décembre 2025, en Suisse, 88 % des couples dont les deux époux touchent une rente de vieillesse étaient plafonnés.
Au décès d'un conjoint ou d'un parent, l'AVS verse aussi des rentes de survivants, à des conditions précises : elles sont détaillées plus bas.
Partir avant, partir après
Depuis AVS 21, la rente peut commencer n'importe quel mois entre 63 et 70 ans, en tout ou en partie (de 20 à 80 %).
- Anticiper d'un ou deux ans réduit la rente de 6,8 % par année, à vie : 13,6 % pour deux ans. Et on continue de cotiser jusqu'à l'âge de référence si l'on n'a plus d'activité.
- Ajourner d'un à cinq ans l'augmente à vie : de 5,2 % pour un an à 31,5 % pour cinq ans, et la rente peut alors dépasser la maximale.
- Combiner : vous pouvez anticiper une partie de la rente et ajourner le reste au-delà de l'âge de référence. En cas d'anticipation partielle, seule la part anticipée est réduite.
La caisse de pension a ses propres règles pour une retraite par étapes : elles sont expliquées dans la troisième partie du dossier.
La réforme AVS 21 permettait au Conseil fédéral d'adapter ces taux à l'espérance de vie dès 2027, avec des réductions moindres pour les revenus modestes. Le 20 mai 2026, en mettant en consultation la réforme AVS 2030 (la phase où cantons, partis et associations donnent leur avis sur un projet), il y a renoncé « à ce stade » : les adapter à l'espérance de vie aurait rendu la retraite anticipée plus avantageuse, alors qu'il veut l'inverse. AVS 2030 propose de fixer ces taux autrement, pour encourager à toucher sa rente plus tard, avec des réductions plus douces pour les revenus modestes. Au 1er octobre 2026, ce n'est qu'un projet : les taux ci-dessus restent ceux qui s'appliquent.
Les femmes de la génération transitoire
L'âge de référence des femmes monte par étapes de trois mois :
| Dès | Âge de la retraite des femmes | Hommes |
|---|---|---|
| 1948 | 65 ans | 65 ans |
| 1957 | 63 ans | 65 ans |
| 1964 | 62 ans | 65 ans |
| 2001 | 63 ans | 65 ans |
| 2005 | 64 ans | 65 ans |
| 2025 | 64 ans et 3 mois | 65 ans |
| 2026 | 64 ans et 6 mois | 65 ans |
| 2027 | 64 ans et 9 mois | 65 ans |
| 2028 | 65 ans | 65 ans |
Ce qui compte, c'est l'année de naissance : 64 ans pour les femmes nées en 1960 ou avant, 64 ans et 3 mois pour celles nées en 1961, 64 ans et 6 mois en 1962, 64 ans et 9 mois en 1963, et 65 ans dès 1964. Les premières à partir à 65 ans, nées en 1964, atteignent cet âge en 2029.
Pour compenser, les femmes nées entre 1961 et 1969 qui ne prennent pas leur rente en avance reçoivent un supplément à vie : 160, 100 ou 50 francs par mois selon leur revenu moyen, multiplié par un pourcentage qui dépend de l'année de naissance (25 % pour 1961, 100 % de 1964 à 1965, 25 % pour 1969). Celles qui anticipent bénéficient de réductions moindres, voire nulles pour les revenus modestes, et peuvent partir dès 62 ans.
La 13e rente
La règle · art. 34ter LAVS
Toute personne qui a droit à une rente de vieillesse en décembre reçoit un supplément égal à un douzième des rentes de vieillesse versées pendant l'année. Le premier versement a lieu en décembre 2026, avec la rente du mois, pour quelque 2,6 millions de bénéficiaires. Les rentes de survivants et d'invalidité ne sont pas concernées, et la 13e rente ne compte pas comme revenu pour les prestations complémentaires.
Pour une rente complète à 2'520 francs, c'est 2'520 francs de plus par an ; pour un couple plafonné, 3'780 francs. La mesure coûte environ 4,2 milliards de francs en 2026, et plus de 5 milliards par an dès 2035.
Son financement n'est pas encore réglé. Le Parlement a voté le 19 juin 2026 un relèvement de la TVA de 0,4 point (le taux normal passerait de 8,1 à 8,5 %), sans limite de durée. Comme il modifie la Constitution, il sera soumis au peuple et aux cantons le 29 novembre 2026, et n'entrerait pas en vigueur avant 2028. Les 13es rentes de 2026 et 2027 sont payées par le fonds AVS. Selon l'OFAS, les dépenses de l'AVS dépassent ses recettes dès 2026, et ses réserves passeront sous le seuil légal de 100 % d'une année de dépenses dès 2027.
Le défi démographique
En 1948, il y avait près de dix cotisants pour une rente de vieillesse. Il y en a 2,3 aujourd'hui.
| Année | Cotisants | Rentes de vieillesse | Cotisants par rente |
|---|---|---|---|
| 1948 | 2'108'000 | 217'325 | 9,7 |
| 1950 | 2'162'000 | 278'844 | 7,8 |
| 1960 | 2'961'000 | 685'577 | 4,3 |
| 1975 | 3'380'000 | 961'491 | 3,5 |
| 1990 | 4'291'000 | 1'225'388 | 3,5 |
| 2000 | 4'553'000 | 1'515'954 | 3 |
| 2010 | 5'255'000 | 1'981'208 | 2,7 |
| 2020 | 5'850'000 | 2'438'761 | 2,4 |
| 2024 | 6'029'000 | 2'594'748 | 2,3 |
Deux raisons à cela. Les rentiers vivent plus longtemps : entre 1948 et 1953, un homme de 65 ans avait encore en moyenne 12,4 ans à vivre, une femme 14 ans ; c'est bien davantage aujourd'hui. Et les générations du baby-boom partent à la retraite. Selon le scénario de référence de l'Office fédéral de la statistique, la Suisse comptera 44,9 personnes de 65 ans et plus pour 100 personnes de 20 à 64 ans en 2055, contre 33 en 2025.
La répartition a pourtant mieux résisté que prévu : l'immigration a élargi la base des cotisants, et les salaires ont progressé. Mais l'équation ne disparaît pas. La prochaine réforme, AVS 2030, a été mise en consultation, c'est-à-dire soumise à l'avis des cantons, des partis et des milieux intéressés, du 20 mai au 11 septembre 2026 ; selon l'OFAS, le Conseil fédéral devrait soumettre le projet au Parlement au printemps 2027. Elle ne relève pas l'âge de référence, mais encourage le travail après 65 ans (franchise relevée de 16'800 à 22'680 francs par an dans le projet mis en consultation), aligne la cotisation des indépendants aux revenus élevés sur celle des salariés, et prévoit un mécanisme d'intervention si le fonds menace de passer sous 90 % des dépenses. En parallèle, le Parlement discute des rentes de veuves et de veufs et du plafonnement des rentes de couple (voir plus bas).
Y aura-t-il une AVS pour vous ?
C'est la question qu'on se pose à 20 ans. Les chiffres de l'OFS veulent dire ceci : environ 2,2 personnes en âge de travailler pour chaque personne de 65 ans et plus en 2055, contre 3 en 2025. Ce rapport entre classes d'âge n'est pas le nombre de cotisants par rente du tableau ci-dessus, qui compte aussi les rentes versées à l'étranger ; il en montre la tendance. Faut-il en conclure que l'AVS n'existera plus quand vous partirez à la retraite, vers 2069 si vous avez 22 ans aujourd'hui ? Ce n'est pas ce que disent ces chiffres.
- Une assurance par répartition ne « vide » pas un compte : elle reverse chaque mois ce qui rentre. Tant que des gens travaillent en Suisse, des cotisations arrivent : en 2025, elles ont fourni 39,3 des 55,2 milliards de recettes.
- L'AVS est inscrite dans la Constitution (art. 112), avec son but : des rentes qui couvrent les besoins vitaux de manière appropriée. La supprimer exigerait un vote du peuple et des cantons.
- L'incertitude porte donc sur le montant et sur les conditions. Quand les comptes ne tiennent plus, le peuple et le Parlement choisissent entre cotiser plus (ou payer plus de TVA), verser moins et partir plus tard. C'est l'objet de chaque réforme depuis trente ans.
L'assurance-invalidité : le risque qu'on oublie à 20 ans
L'assurance-invalidité (AI) fait partie du 1er pilier depuis le 1er janvier 1960. Elle couvre toute personne qui vit ou travaille en Suisse, et elle concerne les jeunes bien plus que la retraite : une maladie, un accident ou une atteinte psychique peut réduire durablement votre capacité de gagner votre vie à 25 ans comme à 55. En décembre 2025, l'AI versait 260'581 rentes d'invalidité.
La réadaptation d'abord
La loi fixe une priorité : la réadaptation passe avant la rente. Quand votre santé menace votre emploi, l'office AI de votre canton cherche d'abord à vous garder au travail ou à vous y ramener : adaptation du poste, orientation professionnelle, cours, reconversion, aide au placement. Il n'examine le droit à une rente que si ces mesures ne suffisent pas. La demande se dépose à l'office AI de votre canton de domicile, dès que l'atteinte à la santé s'installe : une demande tardive peut faire perdre des prestations.
La règle · art. 28, 29 et 36 LAI
Vous avez droit à une rente AI si :
- des mesures de réadaptation raisonnablement exigibles ne peuvent pas rétablir, maintenir ou améliorer votre capacité de gain ;
- vous avez eu une incapacité de travail d'au moins 40 % en moyenne pendant une année, sans interruption notable ;
- au terme de cette année, votre incapacité de gain est toujours d'au moins 40 % ;
- vous comptez au moins trois années entières de cotisations (l'AVS n'en demande qu'une).
L'incapacité de travail se mesure dans votre métier ; l'incapacité de gain, sur le marché du travail en général, une fois les traitements et la réadaptation faits. Le droit naît au plus tôt six mois après le dépôt de la demande, et pas avant le mois qui suit vos 18 ans.
Combien verse l'AI
Le taux d'invalidité compare deux revenus : celui que vous gagneriez sans l'atteinte à la santé, et celui que vous pouvez encore gagner après les mesures de réadaptation. Si vous gagniez 60'000 francs et ne pouvez plus en gagner que 20'000, la perte est de 40'000 francs : un taux de 67 %. Depuis 2022, la rente suit ce taux presque au pour-cent près :
- sous 40 %, pas de rente ;
- à 40 %, un quart d'une rente entière (25 %), puis 2,5 points de plus par point d'invalidité jusqu'à 49 % ;
- de 50 à 69 %, le pourcentage de la rente égale le taux d'invalidité : à 54 %, on touche 54 % d'une rente entière ;
- dès 70 %, une rente entière.
Une rente entière se calcule comme une rente de vieillesse, sur vos années et votre revenu moyen : en 2026, avec une durée de cotisation complète, de 1'260 à 2'520 francs par mois. Pour l'AI, la durée est complète si vous n'avez aucune année manquante depuis le 1er janvier qui suit vos 20 ans : à 30 ans, vous pouvez donc déjà avoir droit à une rente complète. Chaque enfant donne droit à une rente pour enfant égale à 40 % de la rente AI, jusqu'à 18 ans, ou 25 ans s'il est en formation. Les rentes AI n'ont pas de 13e rente. En décembre 2025, la rente d'invalidité moyenne en Suisse était de 1'533 francs par mois pour les femmes et de 1'589 francs pour les hommes. À l'âge de référence, la rente AI est remplacée par une rente de vieillesse.
Deux règles protègent les plus jeunes. Qui devient invalide avant 25 ans avec une durée de cotisation complète touche au moins 133 ⅓ % de la rente minimale, soit 1'680 francs par mois pour une rente entière en 2026. Et une personne invalide de naissance, ou devenue invalide avant 23 ans, qui vit en Suisse et n'a pas droit à une rente ordinaire faute d'années de cotisation, touche une rente extraordinaire.
Quand la rente ne suffit pas à vivre, les prestations complémentaires s'y ajoutent : c'est le cas d'un rentier AI sur deux (49,8 % en décembre 2025). La caisse de pension verse elle aussi une rente d'invalidité, à ses propres conditions : elle est expliquée dans la troisième partie.
Qui paie l'AI, et sa dette envers l'AVS
L'AI est financée par 1,4 % des salaires, moitié employeur, moitié salarié, et par la Confédération, qui lui a versé 4,2 milliards en 2025, environ 39 % de ses dépenses. Pendant des années, elle a dépensé plus qu'elle n'encaissait, et c'est le fonds de l'AVS, alors commun aux deux assurances, qui a payé la différence. En 2011, l'AI a reçu un fonds propre de 5 milliards, pris à l'AVS ; un supplément de TVA et une contribution fédérale supplémentaire l'ont soutenue de 2011 à 2017. Sa dette envers l'AVS, de 14,9 milliards en 2011, est tombée à 10,3 milliards fin 2017 ; elle n'a plus bougé depuis, parce que le fonds de l'AI est trop bas pour rembourser : fin 2025, elle était toujours de 10,3 milliards. Cette année-là, l'AI a dépensé 10,8 milliards pour 10,6 milliards de recettes. Son fonds valait 3,6 milliards, alors que la loi demande, en règle générale, des liquidités et des placements égaux à la moitié d'une année de dépenses.
Si un conjoint ou un parent meurt : les rentes de survivants
L'AVS verse des rentes de survivants si la personne décédée a cotisé au moins une année entière. Elles valent un pourcentage de la rente calculée sur les revenus du défunt : 80 % pour une veuve ou un veuf, 40 % pour un orphelin. Si le défunt avait moins de 45 ans, son revenu moyen est relevé d'un « supplément de carrière », pour ne pas pénaliser une famille dont le parent est mort jeune. Mais ces rentes ne sont pas versées dans tous les cas.
- Une veuve y a droit si elle a des enfants, quel que soit leur âge, ou si elle a au moins 45 ans et cinq ans de mariage au moment du décès.
- Un veuf n'y a droit que s'il a des enfants. La loi lui retirait la rente aux 18 ans du cadet ; le 11 octobre 2022, la Cour européenne des droits de l'homme a jugé cette différence avec les veuves contraire à la Convention. Depuis, en attendant une nouvelle loi, un veuf avec enfants garde sa rente, et depuis un arrêt du Tribunal fédéral du 16 décembre 2024, un veuf divorcé avec enfants aussi. Un veuf sans enfant n'a toujours droit à rien.
- Un orphelin touche sa rente jusqu'à 18 ans, ou jusqu'à la fin de sa formation, au plus tard à 25 ans, s'il ne gagne pas plus de 30'240 francs par an. S'il perd ses deux parents, il touche deux rentes.
- Un remariage supprime la rente de veuve ou de veuf, pas celle d'orphelin.
- Un concubin ne reçoit rien de l'AVS, même après des années de vie commune. Les enfants, eux, touchent leur rente d'orphelin, que leurs parents aient été mariés ou non. Un partenaire enregistré est traité comme un veuf.
Qui a droit en même temps à une rente de survivant et à une rente de vieillesse ou d'invalidité touche la plus élevée des deux. La demande se dépose auprès de la dernière caisse de compensation qui a encaissé les cotisations du défunt. Les rentes de survivants n'ont pas de 13e rente. La caisse de pension verse elle aussi des rentes de survivants, à ses propres conditions : voir la troisième partie.
Ces règles sont en discussion. Le 23 octobre 2024, le Conseil fédéral a proposé (objet 24.078) de remplacer les rentes de veuve et de veuf par une rente de parent survivant, la même pour les femmes et les hommes, mariés ou non, versée jusqu'aux 25 ans du cadet. Le Conseil national a adopté le projet le 24 septembre 2025 et l'a lié à la suppression du plafonnement des nouvelles rentes de couple. Au 1er octobre 2026, le projet est en commission du Conseil des États : rien n'a changé pour l'instant.
En couple sans être mariés : ce que l'AVS ne fait pas
Beaucoup de jeunes couples vivent ensemble sans se marier. Pour l'AVS, ce n'est pas un détail : la loi ne connaît que le mariage et le partenariat enregistré.
- Pas de rente de survivant : au décès de l'un, l'autre ne touche rien, quelle que soit la durée de la vie commune. Les enfants touchent leur rente d'orphelin.
- Pas de plafonnement : deux concubins retraités touchent chacun leur rente entière, alors que les deux rentes d'un couple marié sont limitées à 3'780 francs par mois.
- Pas de splitting : chacun garde ses propres revenus. Celui qui réduit son temps de travail pour les enfants ne reçoit pas la moitié des revenus de l'autre.
- Les bonifications éducatives se règlent par écrit. Des parents non mariés qui ont l'autorité parentale conjointe peuvent convenir à qui elles vont : à l'un, à l'autre, ou par moitié. Ils peuvent signer cette convention en même temps que la déclaration d'autorité parentale conjointe, à l'état civil ou devant l'autorité de protection de l'enfant et de l'adulte, ou la remettre à cette autorité dans les trois mois ; ils peuvent en conclure une nouvelle plus tard. Sans convention ni décision d'une autorité, la bonification va entièrement à la mère. La caisse ne demande ce document qu'avec la demande de rente, des décennies plus tard : il faut le garder.
- Les tâches d'assistance : le partenaire avec qui vous vivez depuis au moins cinq ans compte comme un proche.
La caisse de pension peut, si son règlement le prévoit, verser une prestation au concubin, et le 3a permet de le désigner parmi les bénéficiaires, à certaines conditions : voir la troisième et la quatrième partie.
Les prestations complémentaires : le filet sous le filet
Quand la rente AVS ou AI ne suffit pas à vivre, le canton verse des prestations complémentaires (PC). Ce n'est pas l'aide sociale : c'est un droit inscrit dans la Constitution (art. 112a), financé par la Confédération et les cantons. Mais il faut le demander : le droit naît en principe le mois de la demande. Il remonte plus loin dans deux cas. Si la demande suit de six mois au plus la décision de rente AVS ou AI, il naît le mois où la rente a été demandée, mais pas avant le début de la rente. Si elle suit de six mois au plus l'entrée dans un home ou un hôpital, il naît le mois de l'entrée.
La règle · les PC en 2026
Les PC comblent, chaque mois, la différence entre vos dépenses reconnues et vos revenus.
- Les dépenses reconnues : un forfait pour les besoins vitaux (nourriture, vêtements, impôts…) de 20'670 francs par an pour une personne seule et de 31'005 francs pour un couple ; le loyer, jusqu'à un plafond qui dépend de la région et de la taille du ménage ; la prime d'assurance-maladie, au plus la prime moyenne de la région.
- Les revenus pris en compte : les rentes en entier, les deux tiers du salaire au-delà d'une petite franchise, et une part de la fortune au-delà d'une franchise : chaque année, un dixième de ce qui dépasse pour un rentier de vieillesse, un quinzième pour un rentier AI.
- Les conditions : avoir droit à une rente de l'AVS ou de l'AI (de vieillesse, même anticipée, de survivant ou d'invalidité) ; vivre en Suisse, car les PC ne sont jamais versées à l'étranger ; posséder une fortune nette de moins de 100'000 francs (200'000 francs pour un couple), sans compter le logement dont on est propriétaire et qu'on habite ; pour les étrangers hors de l'UE et de l'AELE, dix ans de résidence en Suisse (cinq pour les réfugiés et les apatrides).
Les PC remboursent aussi certains frais de maladie et d'invalidité que l'assurance-maladie ne couvre pas : soins dentaires simples, aide à domicile, franchise et quote-part, dans une certaine limite. Deux règles, entrées en vigueur en 2021, visent ceux qui se défont de leur fortune :
- Le dessaisissement : dépenser plus de 10 % de sa fortune par an sans motif important, ou plus de 10'000 francs par an si elle ne dépasse pas 100'000 francs, compte comme si l'argent était encore là. Pour une rente de vieillesse, la règle s'applique déjà aux dix années qui la précèdent.
- La restitution : les PC versées depuis 2021 sont remboursées par la succession, sur la part qui dépasse 40'000 francs ; pour un couple, seulement au décès du second conjoint.
En décembre 2025, 231'853 rentiers de vieillesse (12,3 %) et 126'107 rentiers AI (49,8 %) touchaient des PC. Un rentier de vieillesse seul, sans enfant, recevait en moyenne 1'309 francs par mois à domicile, et 3'769 francs en home. La 13e rente n'est pas comptée comme un revenu pour les PC.
Étudiants et petits boulots : les vraies règles
C'est ici que se creusent les lacunes les plus fréquentes, souvent sans qu'on le sache.
- Dès le 1er janvier qui suit vos 20 ans, si vous êtes aux études et domicilié en Suisse, vous devez la cotisation minimale : 530 francs par an en 2026, plus des frais d'administration de 5 % au plus, et cela jusqu'à la fin de l'année de vos 25 ans. Vous la payez à la caisse de compensation du canton où se trouve votre école, ou à l'école elle-même. L'obligation ne dépend pas d'une facture : si personne ne vous a écrit, adressez-vous à cette caisse.
- Vos jobs comptent. Les cotisations retenues sur vos salaires de l'année, votre part et celle de l'employeur, s'imputent sur ce montant. Si elles atteignent 530 francs, soit environ 5'000 francs de salaire dans l'année, vous n'avez rien à ajouter. Sinon, vous ne payez que la différence. Gardez les attestations de vos employeurs.
- Dès le 1er janvier qui suit vos 25 ans, si vous étudiez encore sans activité lucrative, la cotisation n'est plus fixée au minimum : elle dépend de votre fortune et de vos rentes, avec le même minimum de 530 francs.
- Un petit job qui vous rapporte au plus 2'500 francs par an chez un même employeur n'est soumis aux cotisations que si vous le demandez, et il faut le demander à l'employeur avant d'être payé : un salaire accepté sans retenue ne peut plus être soumis aux cotisations après coup. Sans cotisation, ce salaire ne compte ni pour votre rente ni pour vos 530 francs. Deux exceptions : le travail dans un ménage privé (ménage, garde d'enfants à domicile…), où l'on cotise dès le premier franc, sauf sur un salaire d'au plus 750 francs par an et par employeur jusqu'à la fin de l'année de vos 25 ans ; et la culture (théâtre, danse, orchestres, chœurs, radio, télévision, médias, musées, écoles d'art), où l'on cotise toujours.
- Marié à quelqu'un qui cotise au moins 1'060 francs par an, part de l'employeur comprise, vous êtes dispensé.
Une année d'études non cotisée coûte au moins 1/44 de la rente, à vie : sur une rente de 2'110 francs, environ 48 francs par mois, pour toujours. Une cotisation oubliée se rattrape pendant cinq ans seulement.
Partir à l'étranger : ne laissez pas un trou se creuser
Une année passée à l'étranger sans cotiser à l'AVS manque à votre rente suisse ; elle peut compter pour une rente de l'autre pays. Les années où vous continuez de cotiser, par l'assurance facultative ou un détachement, comptent. Selon votre situation :
- Détaché par votre employeur suisse pour une mission temporaire, vous restez assuré comme avant : jusqu'à 24 mois dans l'UE et l'AELE, et pour la durée fixée par la convention de sécurité sociale dans les autres pays qui en ont signé une avec la Suisse. L'employeur demande l'attestation à sa caisse de compensation.
- Employé à l'étranger par un employeur en Suisse qui vous verse votre salaire, vous pouvez rester assuré s'il est d'accord et si vous avez été assuré cinq années de suite juste avant le départ. La demande se fait par écrit à la caisse de compensation de l'employeur, dans les six mois ; passé ce délai, ce n'est plus possible.
- Suisse ou ressortissant de l'UE ou de l'AELE qui s'installe hors de l'UE et de l'AELE, vous pouvez adhérer à l'AVS facultative si vous avez été assuré cinq années de suite juste avant. La demande se dépose au plus tard un an après la sortie de l'assurance obligatoire, auprès de la Caisse suisse de compensation, à Genève, ou d'une ambassade ou d'un consulat ; après, l'adhésion n'est plus possible. La cotisation est de 10,1 % du revenu d'activité (AVS et AI, sans les APG), plus 5 % de frais. Vous pouvez la résilier en tout temps, mais des cotisations impayées vous en font exclure.
- Étudiant sans activité qui quitte son domicile en Suisse pour se former à l'étranger, vous pouvez rester assuré jusqu'au 31 décembre de l'année de vos 30 ans, si vous avez été assuré cinq années de suite juste avant le départ. Il faut le demander à la caisse de compensation dans les six mois qui suivent le début de la formation à l'étranger ; passé ce délai, ce n'est plus possible.
- Dans un pays de l'UE ou de l'AELE, vous cotisez en principe là où vous travaillez, et ce pays vous versera la rente de ses années. Au moment de la retraite, une seule demande, déposée dans votre pays de domicile, lance la procédure dans tous les pays concernés.
Frontaliers et carrières européennes
- Qui travaille en Suisse cotise en Suisse, même s'il habite en France : AVS, AI, APG, assurance-chômage, et la caisse de pension au-dessus du seuil. Le télétravail depuis le pays de résidence peut ne rien y changer s'il reste sous la moitié du temps de travail : il faut que les deux pays aient signé l'accord multilatéral sur le télétravail, et qu'une demande soit déposée en Suisse, en général par l'employeur. En dehors de cet accord, qui travaille aussi dans son pays de résidence, pour au moins un quart de son activité, y est en principe assuré.
- Les rentes suivent le retraité. En décembre 2025, 817'000 rentes de vieillesse AVS étaient versées à l'étranger. Un Suisse touche sa rente partout dans le monde ; un étranger ne la touche hors de Suisse que si un accord le prévoit, comme l'accord avec l'UE et l'AELE ou une convention de sécurité sociale. Les prestations complémentaires, elles, exigent d'habiter en Suisse.
- Les années européennes comptent pour l'AI. Pour atteindre les trois années de cotisations qu'exige une rente AI, les périodes d'assurance dans l'UE et l'AELE sont prises en compte pour les ressortissants suisses, de l'UE et de l'AELE, à condition d'avoir au moins une année de cotisations à l'AVS et à l'AI.
- Sans convention, le remboursement. Le ressortissant d'un État qui n'a pas signé de convention de sécurité sociale avec la Suisse ne touche pas de rente AVS s'il vit à l'étranger. Quand il quitte définitivement la Suisse, il peut en revanche se faire rembourser ses cotisations AVS, sans intérêts, s'il a cotisé au moins une année entière.
Ce que devient la caisse de pension quand on quitte la Suisse, et l'impôt à la source qui frappe alors son capital comme celui du 3a, est expliqué dans la troisième partie ; le retrait du 3a au départ, dans la quatrième.
Ce que vous pouvez faire, dès 20 ans
Savoir qui est votre caisse de compensation
La caisse de compensation est l'organisme qui encaisse vos cotisations AVS et tient votre compte individuel. Vous ne la choisissez pas. Salarié, c'est celle de votre employeur : la caisse cantonale, ou celle de l'association professionnelle dont il est membre ; demandez-lui son nom. Étudiant ou sans activité, c'est la caisse cantonale. Si vous avez eu plusieurs employeurs, plusieurs caisses tiennent chacune un compte à votre nom : l'InfoRegistre, un service en ligne de la Centrale de compensation de la Confédération, vous dit lesquelles. Il vous faut votre numéro AVS, à 13 chiffres, qui figure sur votre carte d'assurance-maladie.
Commander votre extrait de compte
- Demandez votre extrait de compte individuel (CI), gratuitement, avec votre numéro AVS et votre adresse : par écrit à une caisse de compensation, ou en ligne sur le site du Centre d'information AVS/AI (avs-ai.ch). N'importe quelle caisse peut réunir pour vous les extraits de toutes celles qui tiennent un compte à votre nom. L'extrait montre, année par année, les revenus inscrits ; ceux de l'année en cours n'y figurent que l'année suivante.
- Vérifiez-le, preuves à l'appui (certificats de salaire, fiches de paie). Une erreur d'inscription se fait corriger : contestez-la dans les 30 jours qui suivent la réception de l'extrait ; plus tard, l'erreur devra être manifeste ou pleinement prouvée.
- Comblez une lacune tant qu'il est temps. Une cotisation qui n'a pas été payée ne se rattrape que pendant cinq ans : passé ce délai, on ne peut plus la verser, et l'année reste une lacune, que seules des années de jeunesse ou des cotisations versées après l'âge de référence pourront, à certaines conditions, combler.
Les autres gestes
- En formation après 20 ans, vérifiez chaque année que la cotisation minimale est couverte, par vos jobs ou par un versement : les règles sont détaillées plus haut, dans « Étudiants et petits boulots ».
- Avant de partir à l'étranger, renseignez-vous auprès de votre caisse de compensation : une année passée hors de Suisse sans cotiser à l'AVS manque à votre rente suisse, et les possibilités de rester assuré se perdent après six mois ou un an.
- Si vous vous occupez d'un proche dépendant, demandez les bonifications pour tâches d'assistance chaque année : elles ne sont pas automatiques.
- Si votre santé menace votre emploi, adressez-vous tôt à l'office AI de votre canton : la réadaptation passe avant la rente, et une demande tardive peut coûter des prestations.
- Parents non mariés : réglez par écrit l'attribution des bonifications éducatives, et gardez le document jusqu'à la retraite.
- À partir de 50 ans, demandez un calcul anticipé de votre rente à votre caisse de compensation. Il est en principe gratuit dès 40 ans ; une taxe peut être demandée avant, ou pour plusieurs calculs en moins de cinq ans. C'est l'estimation la plus fiable, faite sur votre compte réel, mais elle n'est pas définitive : sauf indication de votre part, la caisse prolonge votre dernier salaire jusqu'à la retraite selon l'évolution générale des salaires, et le droit peut changer d'ici là. Avant, le calculateur en ligne de la Caisse suisse de compensation (ESCAL) et le calculateur de rente AVS du site donnent un ordre de grandeur.
À retenir
L'AVS est une assurance par répartition : vos cotisations paient les rentes d'aujourd'hui, et vous recevez en échange un droit, calculé sur vos années et votre revenu moyen. Il faut 44 années complètes pour une rente pleine ; au-delà de 90'720 francs de revenu moyen, la rente n'augmente plus. En 2026, une rente complète va de 1'260 à 2'520 francs par mois (moins s'il vous manque des années), plus une 13e rente dès décembre 2026. Le 1er pilier vous protège aussi avant la retraite : l'AI en cas d'invalidité, des rentes de survivants en cas de décès, des prestations complémentaires quand la rente ne suffit pas. Pour estimer votre rente : le calculateur de rente AVS. Pour la suite du dossier : le deuxième pilier.
Cet article est une information générale. Il ne remplace pas une estimation de rente établie par votre caisse de compensation, ni les renseignements de votre office AI ou de l'organe des prestations complémentaires de votre canton.
Chiffres vérifiés le
Résultats de votation : Chancellerie fédérale. Rentes et cotisations depuis 1948 : OFAS, tableaux « AVS 5.1 » et « AVS 5.2 », « AI 5.2 », « APG 5.2 ». Cotisants et rentes de vieillesse depuis 1948 : OFAS, tableau « AVS 3.3 ». Précédents de 13e rente (1972, 1974, 1991) et espérance de vie à 65 ans en 1948-1953 : OFAS, Statistique de l'AVS 2014, notes du tableau T13 et tableau T15. Règles : Constitution fédérale (art. 112 et 112a), LAVS et RAVS (RS 831.10 et 831.101, dont les art. 5g, 5h et 34d RAVS), LPGA (RS 830.1, art. 6 et 7), LAI (RS 831.20, art. 28 à 37, 78 et 79) et LPC (RS 831.30, art. 9a, 10, 11a, 12 et 16a) dans leur version du 1er janvier 2026 ; OPC-AVS/AI (RS 831.301, art. 22) ; arrêté fédéral du 18 juin 1925 (FF 1925 II 717) ; dispositions finales de la 10e révision de l'AVS. Mémentos du Centre d'information AVS/AI : 1.01 (extrait de compte), 1.03 et 1.07 (bonifications), 2.01, 2.02, 2.03 et 2.10 (cotisations, indépendants, personnes sans activité, étudiants), 3.01, 3.03, 3.04 et 3.06 (rentes de vieillesse et de survivants, flexibilisation, calcul anticipé), 4.01 et 4.04 (AI), 5.01 (prestations complémentaires), 10.01, 10.02 et 10.03 (étranger, assurance facultative, États sans convention), dans leur édition en vigueur en 2026. Finances et bénéficiaires : Statistique de l'AVS 2025 (OFAS, mai 2026), Statistique de l'AI 2025 (OFAS, mai 2026 : la dette de l'AI envers l'AVS) et Assurances sociales en Suisse, Statistique de poche 2026 (OFAS, septembre 2026) — des statistiques datées, pas des règles. Projection démographique : OFS, scénarios de l'évolution de la population 2025-2055, scénario de référence — une projection, pas une prévision. 13e rente, financement, AVS 2030 et rentes de survivants (objet 24.078 : communiqué du Conseil fédéral du 23 octobre 2024, délibérations du Conseil national du 24 septembre 2025, communiqués de la commission du Conseil des États de 2026) : pages de l'OFAS et du Parlement au 1er octobre 2026. Télétravail des frontaliers : page de l'OFAS sur l'accord-cadre multilatéral. Taux d'anticipation et d'ajournement après 2026 : OFAS, rapport explicatif AVS 2030 du 20 mai 2026, ch. 3.1.2.2, et LAVS, disp. trans. AVS 21 let. e. Calendrier d'AVS 2030 : OFAS, questions et réponses sur la votation du 29 novembre 2026 (22 septembre 2026). Histoire : Dictionnaire historique de la Suisse et histoire de la sécurité sociale publiée par l'OFAS — des sources officielles. Les exemples de rente sont calculés par la formule de l'art. 34 LAVS, sans les paliers des tables officielles : ce sont des estimations à quelques francs près.
Les barèmes suisses changent chaque 1er janvier. Après le 1er janvier qui suit cette vérification, contrôlez les chiffres avant de décider.