Prévoyance

Les trois piliers : comment la Suisse finance votre retraite

AVS, LPP, 3a : deux sigles sur votre fiche de salaire, un troisième que votre banque vous propose, trois logiques qui n'ont rien à voir, et une promesse écrite dans la Constitution depuis 1972. Le système expliqué de bout en bout, avant d'en dépendre.

Votre première fiche de salaire porte deux lignes que personne ne vous a expliquées : « AVS/AI/APG » (la vieillesse, l'invalidité, les pertes de gain) et « LPP » (la caisse de pension). Quelques mois plus tard, votre banque vous propose d'ouvrir un « 3a ». Ces trois mots sont les trois piliers de la prévoyance suisse. Ils ne fonctionnent pas du tout de la même façon, ils ne visent pas le même but, et ce que vous en recevrez dépend de décisions que vous prenez dès vingt ans, souvent sans le savoir.

Ce dossier en fait le tour complet. Cette première partie donne la carte : l'idée, son histoire, la mécanique, l'argent, ce qui change selon votre situation et les premiers gestes à faire. Les trois suivantes racontent chaque pilier de sa naissance à aujourd'hui, chiffres à l'appui : l'AVS, la prévoyance professionnelle et le troisième pilier.

Un temple à trois colonnes

L'image est celle d'un temple grec : un toit, la retraite, posé sur trois colonnes. Chacune porte une part du poids, et aucune ne suffit seule.

  • Le 1er pilier, l'AVS (assurance-vieillesse et survivants), avec l'assurance-invalidité (AI) et les prestations complémentaires (PC), un complément pour les rentiers dont les revenus ne suffisent pas à vivre. Obligatoire pour toute personne qui vit ou travaille en Suisse. Son but : couvrir les besoins vitaux.
  • Le 2e pilier, la prévoyance professionnelle (la LPP, la « caisse de pension »). Obligatoire pour les salariés qui gagnent plus de 22'680 francs par an chez un même employeur. Son but : avec l'AVS, maintenir à peu près le niveau de vie d'avant.
  • Le 3e pilier, la prévoyance individuelle : le 3a, une épargne bloquée mais déductible des impôts, et le 3b, toute autre épargne. Facultatif. Son but : compléter selon vos besoins.

Les deux premiers piliers sont obligatoires, le troisième ne l'est pas. Le premier est collectif, les deux autres sont individuels : l'argent du 2e et du 3e pilier est le vôtre, sur un compte à votre nom ; celui de l'AVS ne l'est pas. Cette différence-là commande tout le reste.

Ce que dit la Constitution

Les trois piliers ne sont pas une image de manuel : ils sont écrits dans la Constitution fédérale, à l'article 111, avec le but de chacun.

La règle · art. 111 à 113 de la Constitution

« La Confédération prend des mesures afin d'assurer une prévoyance vieillesse, survivants et invalidité suffisante. Cette prévoyance repose sur les trois piliers que sont l'assurance-vieillesse, survivants et invalidité fédérale, la prévoyance professionnelle et la prévoyance individuelle. » (art. 111, al. 1)

  • Le 1er pilier : « les rentes doivent couvrir les besoins vitaux de manière appropriée », et « la rente maximale ne dépasse pas le double de la rente minimale » (art. 112).
  • Le 2e pilier, « conjuguée avec l'assurance-vieillesse, survivants et invalidité », doit permettre « à l'assuré de maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur » (art. 113).
  • Le 3e pilier : la Confédération « encourage la prévoyance individuelle, notamment par des mesures fiscales et par une politique facilitant l'accession à la propriété » (art. 111, al. 4).

Retenez les deux verbes : couvrir les besoins vitaux, pour le 1er pilier ; maintenir le niveau de vie antérieur, pour le 1er et le 2e ensemble. Le premier doit faire vivre ; les deux ensemble doivent faire vivre comme avant. La Constitution ne chiffre ni le montant des rentes ni la part du salaire qu'elles doivent remplacer : « approprié » est un mot que le Parlement et le peuple réinterprètent à chaque réforme.

D'où vient l'image des trois piliers

L'AVS existe depuis 1948. Les caisses de pension, bien plus vieilles, restent alors facultatives : en 1941, environ 15 % des salariés en ont une ; en 1966, 45 %. Le reste de la population vit sa vieillesse avec la seule AVS, qui ne suffit pas, ou avec ses économies.

En 1963, dans son message sur la 6e révision de l'AVS (le texte qui accompagne un projet de loi devant le Parlement), le Conseil fédéral décrit pour la première fois la prévoyance comme reposant sur trois moyens : la prévoyance personnelle, l'assurance collective professionnelle et l'assurance sociale. Selon l'historique publié par l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS), il reprend là un concept venu des assureurs privés. Ce n'est pas un détail : pour ses partisans, l'idée des trois piliers servait aussi à contenir l'AVS, en confiant une grande part de la retraite aux caisses de pension et à l'épargne privée.

L'alternative existait. À la fin des années 1960, la gauche propose une « pension populaire » : une AVS beaucoup plus généreuse, qui aurait absorbé les caisses de pension. Entre décembre 1969 et avril 1970, trois initiatives populaires concurrentes sont déposées. Le Parti suisse du travail réclame une retraite populaire d'au moins 60 % du revenu, avec une rente minimale de 6000 francs par an. En 1972, l'année du vote, la rente AVS d'une personne seule va de 2640 à 5280 francs par an.

Le vote · 3 décembre 1972

Le Parlement oppose à l'initiative du Parti du travail un contre-projet : le système des trois piliers, inscrit dans la Constitution. Le contre-projet l'emporte par 1'393'797 oui contre 418'018 non, et dans tous les cantons ; près de trois votants sur quatre l'acceptent. L'initiative pour une retraite populaire est balayée. Le Parti socialiste et les syndicats ont soutenu le contre-projet : il promettait aussi un doublement des rentes AVS, qui viendra avec la 8e révision, en 1973 et 1975.

Il faudra pourtant attendre un peu plus de douze ans pour que le 2e pilier devienne obligatoire : la loi sur la prévoyance professionnelle (LPP) est adoptée le 25 juin 1982 et entre en vigueur le 1er janvier 1985. Le pilier 3a suit le 1er janvier 1987. Le temple a été dessiné en 1972, et achevé en quinze ans.

Deux façons de financer une retraite

C'est la clé de tout le système, et la chose la plus mal comprise. Il existe deux manières de payer des rentes.

La répartition : la cagnotte commune (AVS)

Les cotisations prélevées ce mois-ci sur votre salaire paient l'essentiel des rentes versées ce mois-ci aux retraités d'aujourd'hui ; la Confédération et une part de la TVA apportent le reste, soit plus d'un quart des recettes en 2025. Rien n'est mis de côté à votre nom. En échange, vous recevez un droit : quand vous serez à la retraite, ceux qui travailleront paieront la vôtre. C'est un contrat entre générations.

L'AVS vous ouvre bien un « compte individuel », mais il ne contient pas un franc. C'est un registre : votre caisse de compensation, l'organisme qui encaisse les cotisations AVS, y note année après année le revenu sur lequel vous avez cotisé. À la retraite, on le relit pour calculer votre rente : combien d'années, quel revenu moyen. Le compte individuel prouve votre droit ; il ne garde pas votre argent.

Ses forces : la rente est indexée (le Conseil fédéral la relève en général tous les deux ans pour suivre les prix et les salaires), elle ne dépend pas de la Bourse, elle redistribue des hauts vers les bas revenus (on cotise sur tout son salaire, sans plafond, mais la rente est plafonnée). Sa faiblesse : la démographie. Quand il y a moins d'actifs pour chaque retraité, il faut cotiser plus, toucher moins ou partir plus tard.

La capitalisation : la tirelire personnelle (LPP et 3a)

Chaque franc cotisé est épargné à votre nom, placé, et vous revient avec ses intérêts. Votre retraite dépend de ce que vous avez mis de côté et de ce que l'argent a rapporté.

Ses forces : l'argent existe, il vous appartient, il suit votre carrière d'un employeur à l'autre, et il travaille pendant quarante ans. Ses faiblesses : il dépend des marchés et des taux d'intérêt, et il ne redistribue presque rien des hauts vers les bas revenus. Un bas salaire épargne peu, une carrière interrompue épargne moins.

« Il vous appartient » ne veut pas dire « vous pouvez le prendre quand vous voulez ». L'avoir du 2e pilier reste bloqué jusqu'à la retraite, et celui du 3a presque autant, sauf dans les cas que la loi prévoit : acheter le logement que vous habitez, vous mettre à votre compte, quitter définitivement la Suisse (pour le 2e pilier, avec des limites si vous partez vers l'Union européenne ou l'AELE, l'Association européenne de libre-échange : Islande, Liechtenstein, Norvège).

Répartition (AVS)Capitalisation (LPP, 3a)
Qui paie votre renteLes actifs de demain, avec la Confédération et la TVAVous, d'avance
À qui est l'argentÀ personne : il est reversé aussitôtÀ vous, sur un compte à votre nom, bloqué
Le risque principalMoins d'actifs par retraitéDes taux bas, des marchés en baisse
Redistribue-t-il ?Oui, beaucoup, des hauts vers les bas revenusPeu entre revenus ; les risques, eux, sont mis en commun
Qui décide du montantLe Parlement et le peupleVotre salaire, votre caisse, le temps

La Suisse a choisi de ne pas choisir : elle combine les deux. Quand la démographie pèse sur l'AVS, les caisses de pension tiennent ; quand les taux sont bas et que les caisses souffrent, l'AVS ne bouge pas. C'est l'argument le plus solide en faveur du système.

Qui paie pour qui ?

L'AVS redistribue par construction : une rente plafonnée, des cotisations qui ne le sont pas. Le 2e pilier redistribue peu entre hauts et bas salaires, mais ce n'est pas une tirelire purement individuelle. La caisse met en commun les risques d'invalidité et de décès, et elle verse la rente à vie, même à qui vit très vieux.

Il y a aussi une solidarité que personne n'a voulue. Quand le taux de conversion, qui transforme l'avoir en rente, est trop élevé pour l'espérance de vie et les taux d'intérêt, l'avoir du retraité ne suffit pas à payer sa rente : ce sont les assurés actifs, ceux qui travaillent encore, et les employeurs qui comblent la différence. Selon la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle, 39,6 milliards de francs sont ainsi passés des actifs aux rentiers de 2014 à 2025 ; la troisième partie explique par quel mécanisme. Depuis 2022, ce transfert s'est arrêté, et il penche même légèrement en faveur des actifs.

Le premier pilier : de quoi vivre

Toute personne qui vit ou travaille en Suisse est assurée à l'AVS. Les salariés cotisent dès le 1er janvier qui suit leurs 17 ans, sur la totalité de leur salaire, sans plafond : 10,6 % au total pour l'AVS, l'AI et les APG, dont la moitié est payée par l'employeur. Les personnes sans activité lucrative, les étudiants compris, cotisent dès le 1er janvier qui suit leurs 20 ans : au moins 530 francs par an.

Sur votre fiche, la ligne « AVS/AI/APG » regroupe donc trois assurances. L'AVS verse les rentes de vieillesse, et aussi des rentes aux veuves, aux veufs et aux orphelins : ce sont les « survivants ». L'AI aide d'abord à garder ou à retrouver un travail après une maladie ou un accident, et verse une rente quand ce n'est plus possible. Les APG, les allocations pour perte de gain, remplacent une partie du salaire pendant le service militaire ou civil et le congé de maternité ou de paternité. Sur les 10,6 %, 8,7 points vont à l'AVS, 1,4 à l'AI et 0,5 aux APG. Les prestations complémentaires, elles, ne se cotisent pas : la Confédération et les cantons les paient avec l'impôt, et il faut les demander.

La rente dépend surtout de deux choses : le nombre d'années cotisées (il en faut 44 pour une rente complète) et le revenu moyen de la carrière. Votre situation de famille compte aussi (mariage, enfants) : la deuxième partie l'explique. En 2026, une rente complète va de 1'260 à 2'520 francs par mois ; un couple marié touche au plus 3'780 francs. L'écart est volontairement étroit : la rente maximale ne vaut que le double de la minimale, alors que les cotisations, elles, montent sans limite avec le salaire. C'est la solidarité de l'AVS.

Dès décembre 2026, une 13e rente s'y ajoutera chaque année : comme un 13e salaire, en gros un mois de rente en plus, versé en décembre, pour les rentes de vieillesse (pas pour les rentes d'invalidité ni de survivants). Le vote du 29 novembre 2026 porte sur son financement, pas sur la 13e rente elle-même, inscrite dans la Constitution depuis le vote du 3 mars 2024.

Tout est raconté dans la deuxième partie du dossier, de la grève générale de 1918 à la 13e rente, avec l'AI et les prestations complémentaires. Pour estimer votre rente : le calculateur de rente AVS.

Le deuxième pilier : garder son niveau de vie

Dès que vous gagnez plus de 22'680 francs par an chez un employeur, vous êtes affilié à sa caisse de pension. Vous ne la choisissez pas : c'est celle de votre employeur, qui doit être affilié à une institution de prévoyance. Jusqu'au 31 décembre de l'année de vos 24 ans, la loi ne l'oblige qu'à vous couvrir contre l'invalidité et le décès. Dès le 1er janvier qui suit vos 24 ans, elle épargne aussi pour votre retraite.

La loi n'assure qu'une tranche du salaire, le salaire coordonné. Prenez un salaire de 60'000 francs. La loi en retire d'abord 26'460 francs, la déduction de coordination, censée correspondre à la part déjà couverte par l'AVS. Reste 33'540 francs : c'est le salaire coordonné, la seule part sur laquelle la caisse doit épargner. Le salaire n'est compté que jusqu'à 90'720 francs : au-dessus, la loi n'assure plus rien. Comme la déduction est la même pour tous, elle mange l'essentiel d'un petit salaire : juste au-dessus du seuil d'entrée, la soustraction donnerait même un résultat négatif. La loi fixe donc un salaire coordonné d'au moins 3'780 francs, mais un petit salaire ne donne qu'une très petite rente LPP. Trois montants, trois rôles : 22'680 francs, le seuil pour être assuré ; 26'460 francs, la part retirée ; 90'720 francs, le plafond.

Chaque année, la caisse crédite sur votre compte une bonification de vieillesse : 7 % du salaire coordonné entre 25 et 34 ans, puis 10 %, 15 % et 18 %. L'employeur en paie au moins la moitié. L'avoir rapporte un intérêt au moins égal au taux minimal fixé par le Conseil fédéral (1,25 % en 2026). À la retraite, il se convertit en rente : 6,8 % de l'avoir chaque année, à vie, pour la part obligatoire. C'est le taux de conversion.

Ce sont des minimums. Beaucoup de caisses font mieux, sur les cotisations comme sur le salaire assuré : c'est la part « surobligatoire », ce qu'elles assurent au-delà du minimum légal. En échange, elles appliquent souvent à tout l'avoir un taux de conversion plus bas que le taux légal ; mais votre rente ne peut jamais être inférieure à celle que donnerait le minimum légal : la caisse le vérifie sur un compte parallèle, le « compte témoin ». Chaque année, votre caisse vous envoie un certificat de prévoyance, le relevé de votre compte : l'avoir épargné, le salaire assuré, la couverture en cas d'invalidité ou de décès et, souvent, une projection à 65 ans. Si vous ne l'avez pas reçu, demandez-le. Tout est raconté dans la troisième partie ; pour projeter votre avoir : le calculateur LPP.

Le troisième pilier : le complément que vous choisissez

Le 3a est un compte (ou une assurance) de prévoyance que vous ouvrez vous-même. Il faut pour cela un revenu d'activité soumis à l'AVS, comme salarié ou comme indépendant (les indemnités de chômage comptent aussi) : sans revenu d'activité, pas de versement au 3a. Vous y versez ce que vous voulez, jusqu'à un plafond : 7'258 francs en 2026 si vous avez une caisse de pension ; sinon 20 % du revenu d'activité et au plus 36'288 francs, ce qu'on appelle le « grand 3a ». Chaque franc versé se déduit de votre revenu imposable, le revenu sur lequel l'impôt est calculé. En contrepartie, l'argent est bloqué jusqu'à cinq ans avant l'âge de la retraite, sauf exceptions : achat d'un logement, départ définitif de Suisse, mise à son compte.

Déduire ne veut pas dire récupérer : ce n'est pas votre impôt qui baisse du montant versé, c'est le revenu qui sert à le calculer. L'économie réelle n'est qu'une fraction du versement. Pour une personne seule à Lausanne qui verse 7'258 francs en 2026, elle va de 1'382 francs (19 % du versement) avec 40'000 francs de revenu imposable à 2'941 francs (41 %) avec 150'000 francs : plus le revenu est élevé, plus la déduction rapporte. Attention : le revenu imposable n'est pas le salaire brut. C'est ce qui reste une fois retirées les cotisations sociales, les frais professionnels et les autres déductions, un montant en général nettement plus bas.

Le 3b, c'est tout le reste : un compte épargne, des placements, une assurance-vie. Pas de blocage, et peu d'avantages fiscaux. Le capital versé par une assurance-vie d'épargne, celle qu'on peut résilier contre une « valeur de rachat », échappe en principe à l'impôt sur le revenu ; si elle a été payée en une seule fois (une « prime unique »), son rendement n'y échappe qu'à des conditions d'âge et de durée. Genève et Fribourg accordent en plus une déduction pour les primes de ces assurances. Tout est dans la quatrième partie ; pour mesurer ce qu'un 3a vous fait économiser : le calculateur 3a.

Les 60 % : une promesse de 1975

On entend souvent que l'AVS et la LPP doivent assurer « 60 % du dernier salaire ». Ce chiffre n'est ni dans la Constitution ni dans la loi. Il vient du message du Conseil fédéral du 19 décembre 1975, qui présentait le projet de LPP : en rappelant les déclarations faites lors de la votation de 1972, il fixait comme objectif un revenu de retraite, 1er et 2e piliers ensemble, d'environ 60 % du salaire pour une personne seule, mais seulement « jusqu'à concurrence d'une limite supérieure raisonnable » : ses calculs s'arrêtaient au salaire maximal pris en compte par le projet de LPP, 36'000 francs en 1975 (90'720 francs aujourd'hui). Au-delà, les 60 % n'ont jamais été promis.

Dans les faits, tout dépend du salaire. L'AVS remplace une grande part d'un petit revenu et une petite part d'un gros, puisque la rente plafonne. La LPP minimale ne compte rien au-dessus de 90'720 francs. Voici ce que donne une carrière complète, sans interruption, au minimum légal, avec les montants 2026 :

Salaire annuelRente AVS, 13e compriseRente LPP minimaleEnsemble, par anPart du salaire
CHF 30'000CHF 20'566CHF 1'577CHF 22'14373 %
CHF 45'000CHF 24'791CHF 7'733CHF 32'52472 %
CHF 60'000CHF 27'430CHF 13'989CHF 41'41969 %
CHF 80'000CHF 30'901CHF 22'331CHF 53'23266 %
CHF 100'000CHF 32'760CHF 26'802CHF 59'56259 %
CHF 150'000CHF 32'760CHF 26'802CHF 59'56239 %

Ces chiffres supposent une carrière complète, un salaire stable, un intérêt LPP égal au taux minimal d'aujourd'hui et une caisse qui ne verse que le minimum. Ce n'est le cas de personne exactement, mais l'ordre de grandeur est juste, et la leçon aussi : au-delà d'environ 99'000 francs de salaire, les deux premiers piliers minimaux ne suffisent plus à atteindre 60 % du salaire entier, ce que l'objectif de 1975 ne promettait d'ailleurs pas, et plus le salaire monte, plus l'écart se creuse. C'est précisément ce que le 3e pilier et les prestations surobligatoires des caisses sont censés combler.

Ce sont aussi des montants avant impôts : les rentes AVS et LPP s'ajoutent chaque année à vos autres revenus dans la déclaration d'impôt, comme un salaire. La troisième partie détaille l'impôt sur une rente et sur un capital.

Et par rapport aux autres pays ?

Dans son Panorama des pensions 2025, l'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, compare ce que les régimes obligatoires de ses 38 pays membres verseraient à une personne qui commence à travailler à 22 ans, en 2024, et cotise sans interruption jusqu'à l'âge de la retraite. Pour la Suisse, ce sont l'AVS et la LPP minimale, sans le surobligatoire ni le 3a. L'OCDE mesure un taux de remplacement net : la retraite après impôts et cotisations, en pour-cent du salaire net. Ses chiffres ne se comparent pas directement au tableau ci-dessus, calculé en brut et pour des salaires fixés en francs. Mais ils placent la Suisse sous la moyenne à tous les niveaux de salaire, et l'écart devient très large pour les hauts salaires : ici aussi, la part remplacée fond quand le salaire monte.

Salaire pendant la carrièreSuisseMoyenne de l'OCDE
La moitié du salaire moyen du pays59,2 %75,4 %
Le salaire moyen47,5 %63,2 %
Le double du salaire moyen25,0 %52,9 %

Au double du salaire moyen, la Suisse fait partie des pays de l'OCDE où ce taux est le plus bas. Ces comparaisons ne disent pas tout : elles mesurent le socle obligatoire, pas la retraite réelle, et elles laissent de côté le surobligatoire et le 3e pilier, qui pèsent lourd en Suisse.

Ce que vous payez, mois après mois

Exemple · 30 ans, 60'000 francs par an, montants 2026

Sur un salaire de 5'000 francs par mois (douze mois), la fiche de salaire retient chaque mois :

  • AVS/AI/APG : 5,3 %, soit 265 francs. L'employeur en paie autant de son côté.
  • LPP, la part épargne : le salaire coordonné est de 33'540 francs par an ; à 30 ans, la bonification minimale est de 7 %, soit 2'348 francs par an, dont au plus la moitié à votre charge : environ 98 francs par mois. Les primes de risque (invalidité, décès) et les frais de la caisse s'y ajoutent.
  • Le 3a, si vous le décidez : jusqu'à 7'258 francs par an, environ 605 francs par mois, que vous versez vous-même.

Au total, dans cet exemple, environ 363 francs par mois partent vers les deux premiers piliers (265 + 98), avant les primes de risque et les frais de la caisse.

La fiche porte aussi l'assurance-chômage et l'assurance-accidents non professionnels : elles protègent votre revenu, mais ne font pas partie des trois piliers.

Et à 22 ans ?

L'AVS/AI/APG se retient de la même façon, 5,3 % du salaire, et chaque année compte déjà pour votre rente. La ligne LPP, si vous gagnez plus de 22'680 francs par an chez cet employeur, est plus petite : jusqu'au 31 décembre de l'année de vos 24 ans, la loi n'oblige la caisse qu'à vous couvrir contre l'invalidité et le décès, et vous ne payez que votre part de cette prime de risque. L'épargne commence ensuite, ou plus tôt si le règlement de votre caisse le prévoit.

Votre premier salaire : par où commencer

Six gestes suffisent pour savoir où vous en êtes, et pour garder la trace de vos droits.

Votre premier salaire

  1. Lisez votre fiche de salaire. La ligne AVS/AI/APG (5,3 %) est retenue sur tout le salaire ; la ligne LPP, dès que vous gagnez plus de 22'680 francs par an chez cet employeur (certaines caisses assurent aussi des salaires plus bas).
  2. Demandez à votre employeur le nom de sa caisse de compensation et de sa caisse de pension. Vous ne choisissez ni l'une ni l'autre. La caisse de compensation est celle à laquelle votre employeur est affilié : la caisse cantonale, ou celle de sa branche.
  3. Commandez votre extrait de compte individuel AVS. Il est gratuit : demandez-le à n'importe quelle caisse de compensation, par écrit ou en ligne sur le site du Centre d'information AVS/AI (avs-ai.ch), avec votre numéro AVS. Ce numéro de treize chiffres commence par 756 et figure sur votre carte d'assurance-maladie. Vérifiez que chaque année y figure depuis le 1er janvier qui suit vos 20 ans, sachant que le revenu d'une année n'y apparaît que l'année suivante. Une année manquante se rattrape pendant cinq ans seulement.
  4. Gardez vos certificats. Le certificat de salaire, que votre employeur vous remet chaque année pour la déclaration d'impôt ; le certificat de prévoyance, que votre caisse de pension vous envoie chaque année.
  5. Quand vous changez d'emploi, dites à votre ancienne caisse de pension où verser votre avoir. À la nouvelle caisse ; ou, si vous n'avez pas de nouvel employeur, sur un compte de libre passage, le compte d'attente du 2e pilier entre deux emplois.
  6. Le 3a se décide, il ne s'impose pas. Il faut un revenu d'activité, et l'argent versé reste bloqué jusqu'à cinq ans avant l'âge de la retraite, sauf exceptions. Avant de signer un contrat de longue durée, comprenez ce qu'il rapporte et ce qu'il coûte.

Les trous dans la raquette

Le système a été pensé, en 1972, pour un homme qui travaille à plein temps chez un seul employeur de 25 à 65 ans. Toute carrière qui s'en écarte risque une lacune de prévoyance : un trou qu'on ne découvre souvent qu'à la retraite, quand il est trop tard pour le combler.

  • Les années oubliées à l'AVS. Chaque année sans cotisation retire en principe au moins 1/44 de la rente (2,3 %), à vie. Le cas classique : des études après 20 ans sans payer la cotisation minimale des personnes sans activité, une année sabbatique, un séjour à l'étranger. Une lacune ne se rattrape que pendant les cinq années qui suivent.
  • Le temps partiel et les petits emplois. Le seuil d'entrée de la LPP (22'680 francs) s'applique à chaque employeur séparément. Trois emplois à 20'000 francs font 60'000 francs de salaire, et aucune caisse de pension obligatoire. La déduction de coordination, fixe, pèse aussi beaucoup plus lourd sur un petit salaire.
  • Les interruptions pour les enfants. L'AVS les compense en partie, par des bonifications pour tâches éducatives, un revenu fictif ajouté, au moment du calcul de la rente, pour chaque année avec un enfant de moins de 16 ans ; la LPP, pas du tout. Avec le temps partiel et des salaires plus bas, c'est l'une des principales raisons pour lesquelles les rentes des femmes restent nettement inférieures à celles des hommes, surtout dans le 2e pilier. Selon l'Office fédéral de la statistique (OFS), les femmes à la retraite touchaient en 2024 des rentes inférieures de 29,9 % en moyenne à celles des hommes, sans compter les capitaux retirés : plus que la moyenne européenne (24,5 %).

Le chômage, le travail indépendant, la vie de couple sans mariage, le divorce, l'invalidité ou une carrière à l'étranger peuvent ouvrir d'autres trous. La section suivante les passe en revue.

Selon votre situation

Le système a une règle pour chaque parcours. Voici l'essentiel, cas par cas ; le détail vit dans la partie consacrée à chaque pilier.

Étudiant, ou petit boulot à côté

Dès le 1er janvier qui suit vos 20 ans, l'AVS vous réclame au moins 530 francs par an, même sans revenu, à payer à la caisse de compensation du canton de votre école. Les cotisations retenues sur un salaire comptent : si elles atteignent ce minimum dans l'année, part de l'employeur comprise, vous n'avez rien à ajouter ; sinon, vous payez la différence. Un petit job de 2'500 francs par an au plus chez un même employeur n'est soumis à l'AVS que si vous le demandez, sauf exceptions (travail dans un ménage, métiers de la culture). Le détail : la deuxième partie.

Au chômage

Pour l'AVS, les indemnités de chômage comptent comme un salaire : la caisse de chômage retient les cotisations, et l'année s'inscrit à votre compte. Le 2e pilier, lui, cesse d'épargner, et votre avoir attend sur un compte de libre passage. Si votre indemnité dépasse 87.10 francs par jour, vous restez couvert contre l'invalidité et le décès, auprès de la Fondation institution supplétive LPP, l'institution de dernier recours prévue par la loi. Les indemnités permettent de continuer à verser au 3a. Le détail : la troisième partie.

Indépendant

L'AVS reste obligatoire : 10 % du revenu, un taux réduit en dessous de 60'500 francs par an. Le 2e pilier ne l'est pas : vous pouvez vous affilier à la caisse de pension de votre profession ou à la Fondation institution supplétive, ou verser au « grand 3a ». En 2020-2021, selon une enquête de l'OFS, environ 42 % des indépendants de 25 ans à l'âge de la retraite ne cotisaient ni à un 2e pilier ni à un 3a : sans l'un ni l'autre, la couverture obligatoire en cas d'invalidité ou de décès se limite à l'AVS et à l'AI. Le détail : la deuxième partie pour l'AVS, la troisième pour la caisse de pension, la quatrième pour le grand 3a.

En couple sans être mariés

À l'AVS, seuls les époux (et les partenaires enregistrés) peuvent toucher une rente de veuve ou de veuf : au décès de votre partenaire, la loi actuelle ne vous verse rien, quelle que soit la durée de votre vie commune ; vos enfants, eux, touchent une rente d'orphelin. En contrepartie, deux partenaires retraités touchent chacun leur rente entière, sans le plafond des couples mariés. Dans le 2e pilier, le partenaire ne reçoit quelque chose que si le règlement de la caisse le prévoit, en principe après cinq ans de vie commune ou avec un enfant commun à charge : lisez-le. Le détail : la deuxième partie et la troisième.

Divorce

Les trois piliers se partagent, chacun à sa façon. À l'AVS, les revenus des années de mariage sont répartis par moitié entre les ex-époux. Dans le 2e pilier, l'avoir épargné pendant le mariage, jusqu'au dépôt de la demande en divorce, est en principe partagé par moitié ; le 3a, lui, se partage avec les autres biens du couple, selon le régime matrimonial (les règles qui répartissent les biens des époux). Tout est dans la troisième partie.

Invalidité ou décès

C'est le risque qu'on oublie à vingt ans. L'AI cherche d'abord à vous garder au travail ou à vous y ramener ; elle ne verse une rente qu'à partir de 40 % d'invalidité, et au plus tôt six mois après la demande, qu'il vaut donc mieux ne pas retarder. La caisse de pension complète, dès 40 % aussi ; au décès, l'AVS et la caisse de pension versent des rentes au conjoint et aux enfants, à certaines conditions. Le détail : la deuxième partie pour l'AI et l'AVS, la troisième pour la caisse de pension.

Partir à l'étranger, ou travailler en Suisse depuis la France

On cotise en principe là où l'on travaille : une frontalière qui habite en France et travaille à Genève ou à Lausanne paie l'AVS et, au-dessus du seuil, la LPP suisses. Les rentes AVS et LPP suivent en principe le retraité à l'étranger (pour l'AVS, un étranger doit être couvert par un accord, comme celui avec l'UE et l'AELE), mais pas les prestations complémentaires. En quittant la Suisse pour de bon, on peut retirer son 3a, et son avoir du 2e pilier si l'on part hors de l'Union européenne et de l'AELE ; vers l'UE ou l'AELE, la part obligatoire reste bloquée en Suisse si l'on est assuré obligatoirement dans son nouveau pays. Le détail : la deuxième partie, la troisième et la quatrième.

Une vie de cotisant, de 17 à 70 ans

  • 17 ans (dès le 1er janvier suivant) : si vous travaillez, vous cotisez à l'AVS, et une caisse de pension vous couvre contre l'invalidité et le décès si votre salaire dépasse le seuil chez cet employeur.
  • 18 à 20 ans : les « années de jeunesse ». Cotisées en travaillant, elles ne font pas partie des 44 années de la rente complète, mais elles pourront, au calcul de la rente, combler une lacune plus tardive, même une année qu'il est trop tard pour rattraper par un versement.
  • 20 ans (dès le 1er janvier suivant) : même sans activité, en formation par exemple, la cotisation minimale AVS est due. C'est le premier piège.
  • 25 ans (dès le 1er janvier qui suit vos 24 ans) : la caisse de pension commence à épargner pour votre retraite, à 7 % du salaire coordonné.
  • Dès le premier revenu d'activité : le 3a devient possible. Plus tôt il commence, plus les intérêts composés travaillent : les intérêts d'une année rapportent à leur tour des intérêts les années suivantes.
  • 35, 45, 55 ans : les bonifications LPP passent à 10, 15 puis 18 %. C'est souvent après 45 ans qu'on fait des rachats : on verse volontairement à sa caisse de quoi combler les années manquantes, et ce versement se déduit du revenu imposable.
  • 58 à 63 ans : selon le règlement de la caisse, la retraite anticipée du 2e pilier devient possible ; dès 60 ans, le 3a peut être retiré.
  • 63 à 70 ans : la rente AVS peut être anticipée d'un ou deux ans (réduite à vie) ou ajournée jusqu'à cinq ans (augmentée à vie).
  • 65 ans : l'âge de référence, l'âge légal de la retraite, désormais le même pour les femmes et les hommes. Pour les femmes nées entre 1961 et 1963, il se situe entre 64 et 65 ans.

Ce qui est en train de changer

  • La 13e rente AVS sera versée pour la première fois en décembre 2026 : un douzième des rentes de vieillesse de l'année. Son financement par un relèvement de 0,4 point de la TVA, voté par le Parlement le 19 juin 2026, sera soumis au peuple et aux cantons le 29 novembre 2026 ; il n'entrerait pas en vigueur avant 2028.
  • L'âge de référence des femmes, celui où la rente AVS est versée sans réduction, monte par étapes selon l'année de naissance : 64 ans et 3 mois pour les femmes nées en 1961, 64 ans et 6 mois pour celles nées en 1962, 64 ans et 9 mois pour celles nées en 1963, et 65 ans, comme les hommes, dès la génération 1964, qui l'atteint en 2029. La loi AVS 21 prévoit que le Conseil fédéral fixe de nouveaux taux d'anticipation et d'ajournement (la réduction si l'on prend sa rente plus tôt, le supplément si on la prend plus tard), au plus tôt pour 2027. Le 20 mai 2026, en mettant en consultation la réforme AVS 2030, il a renoncé à les modifier à ce stade : sauf décision contraire, les taux de 2026 restent appliqués, et AVS 2030 propose de les fixer autrement, pour rendre la retraite anticipée moins attrayante et encourager à la repousser.
  • AVS 2030 : le projet mis en consultation par le Conseil fédéral jusqu'au 11 septembre 2026 ne relève pas l'âge de référence. Il propose d'encourager le travail après 65 ans, d'aligner la cotisation AVS des indépendants aux revenus élevés sur celle des salariés, et de relever progressivement de 58 à 63 ans l'âge minimal de la retraite anticipée dans les caisses de pension. À l'issue de la consultation, le Conseil fédéral transmettra au Parlement son projet définitif, appelé « message » : selon l'OFAS, il devrait le faire au printemps 2027.
  • Les montants 2027 : l'adaptation des rentes AVS au 1er janvier 2027, qui ferait bouger les seuils LPP et le plafond 3a, n'était pas encore décidée au 1er octobre 2026. Pour le taux d'intérêt minimal LPP, la Commission LPP, qui conseille le Conseil fédéral, a recommandé le 31 août 2026 de le porter de 1,25 % à 1,75 % en 2027. C'est le Conseil fédéral qui décide.
  • Le 2e pilier : après le non du 22 septembre 2024 à la réforme LPP, aucune nouvelle réforme globale n'est en cours.
  • Les veuves, les veufs et les couples : le Parlement examine une réforme des rentes de survivants de l'AVS. Telle que le Conseil fédéral l'a proposée, veuves et veufs seraient traités de la même façon, et un parent non marié y aurait droit aussi : le parent survivant toucherait une rente en principe jusqu'aux 25 ans de son plus jeune enfant, et non plus à vie. Les rentes déjà versées aux personnes de 55 ans et plus seraient maintenues. Le Conseil national l'a adoptée le 24 septembre 2025, en y ajoutant notamment la fin du plafonnement pour les nouvelles rentes des couples mariés : aujourd'hui, leurs deux rentes réunies ne dépassent pas 150 % de la rente maximale. Une initiative populaire du Centre demande, elle aussi, la fin de ce plafonnement. Au 1er octobre 2026, la commission du Conseil des États poursuivait l'examen du projet. Rien n'est décidé.
  • Le 3a : depuis 2026, on peut combler par un rachat une année où l'on n'a pas versé le maximum, mais seulement pour les années 2025 et suivantes. Au 1er juin 2027, les règles qui désignent qui touche votre 3a à votre décès deviennent plus souples. Le projet d'alourdir l'impôt sur les retraits en capital a été abandonné par le Parlement en 2025-2026.

À retenir

  • L'AVS ne garde pas votre argent, elle garde vos années. Chaque année sans cotisation coûte en principe au moins 1/44 de la rente, à vie, et ne se rattrape que dans les cinq ans : votre extrait de compte individuel, gratuit, le montre.
  • En formation après 20 ans, la cotisation AVS minimale est due : 530 francs par an, moins ce que vos petits boulots ont déjà cotisé.
  • Le 2e pilier est à vous, mais bloqué. Il ne démarre qu'au-dessus de 22'680 francs chez un même employeur : avec plusieurs petits emplois, vérifiez si vous êtes assuré ; sinon, l'affiliation facultative existe. Votre certificat de prévoyance dit, chaque année, où vous en êtes.
  • Les deux premiers piliers visent environ 60 % du salaire, mais seulement jusqu'à un plafond, 90'720 francs aujourd'hui. Au minimum légal, ils atteignent même 60 % du salaire entier jusqu'à environ 99'000 francs de salaire ; au-delà, la part remplacée baisse, mais l'objectif ne promettait rien sur la part du salaire qui dépasse le plafond.
  • Le 3a se décide. L'économie d'impôt dépend de votre revenu de l'année : modeste à petit revenu, plus forte quand il monte. Le temps, lui, dépend de votre âge : un franc versé à 22 ans peut rapporter pendant plus de quarante ans s'il reste placé jusqu'à 65 ans. Le prix, à tout âge, c'est un argent bloqué ; comprenez ce qu'un produit rapporte et coûte avant de signer un contrat sur trente ans.

Pour vérifier ce que vous avez retenu, le quiz des trois piliers vous attend. Cet article est une information générale. Il ne remplace pas un conseil qui tient compte de votre situation.

Chiffres vérifiés le

Constitution fédérale (RS 101), art. 111 à 113 et disposition transitoire ad art. 112 (13e rente, acceptée le 3 mars 2024) ; message du Conseil fédéral du 19 décembre 1975 sur la prévoyance professionnelle (FF 1976 I 117) : ch. 22 pour les initiatives de 1969-1970 et le vote du 3 décembre 1972, ch. 312 pour l'objectif d'environ 60 % « jusqu'à concurrence d'une limite supérieure raisonnable » ; histoire de la sécurité sociale publiée par l'OFAS (le contre-projet de 1972 et ses soutiens) ; OFAS, tableau AVS 5.1 « Évolution des rentes » (rentes de 1971-1972) ; montants et règles 2026 de l'AVS, de la LPP et du pilier 3a : LAVS (art. 30ter, compte individuel), RAVS (art. 34d, salaires minimes ; art. 52b, années de jeunesse), LPP (art. 2, 7, 8, 20a, 23, 30c, 44, 79b, 86b), LFLP (art. 4, 5 et 25f), OPP 2, OPP 3, LAI (art. 28 et 29, rente d'invalidité), LACI (art. 22a) et ordonnance sur la prévoyance professionnelle obligatoire des chômeurs (RS 837.174, art. 3 et 4), Code civil (art. 122 et 123, divorce), LIFD (art. 20, 22 et 24), mémentos du Centre d'information AVS/AI 1.01 (extrait de compte), 2.01, 2.02, 2.10 (étudiants), 3.01, 3.03 et 4.04 (état 2025 ou 2026), OFAS « Chiffres repères » 2025-2026, page OFAS « Numéro AVS », page OFAS « Le troisième pilier », page OFAS « 13e rente AVS : mise en œuvre » ; circulaire AFC n° 18 (3a pendant le chômage) ; OFAS, Statistique de l'AVS 2025 (recettes : cotisations 71,2 %, Confédération 19,5 %, TVA 8,6 %) ; Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle, rapport sur la situation financière des institutions de prévoyance en 2025, chap. 9 (redistribution des actifs vers les rentiers : 39,6 milliards de 2014 à 2025, en faveur des actifs de 2022 à 2025) ; OCDE, Panorama des pensions 2025, taux de remplacement nets des régimes obligatoires pour une carrière complète commencée à 22 ans en 2024 (base de données de l'OCDE, mesures NPRR50, NPRR100 et NPRR200) ; OFS, écart de rentes entre femmes et hommes en 2024 (moyenne européenne 24,5 %) et tableau T 13.07.02.72, Enquête sur le budget des ménages (cotisations des indépendants aux piliers 2 et 3a, 2020-2021 : 42,0 % sans aucune, à ± 6,3 points près) ; OFAS, Sécurité sociale CHSS, « L'écart entre les rentes des femmes et des hommes » (2016) ; état des chantiers : Chancellerie fédérale (votation du 29 novembre 2026), Commission LPP (recommandation du 31 août 2026 sur le taux minimal 2027), OFAS (consultation AVS 2030 ; rapport explicatif du 20 mai 2026, ch. 3.1.2.2, sur les taux d'anticipation et d'ajournement que la LAVS, disp. trans. AVS 21 let. e, permettait d'adapter dès 2027), Curia Vista (objets 24.078 et 25.035, état au 2 octobre 2026), OFAS, questions et réponses sur la votation du 29 novembre 2026 (22 septembre 2026), pour le calendrier d'AVS 2030 — des textes de loi, des chiffres et des statistiques officiels. Les exemples de rente et d'économie d'impôt sont calculés avec les montants 2026 par les calculateurs du site (barèmes vaudois 2026, Lausanne) : ce sont des ordres de grandeur pour une carrière complète, pas la situation d'une personne réelle.

Les barèmes suisses changent chaque 1er janvier. Après le 1er janvier qui suit cette vérification, contrôlez les chiffres avant de décider.